Please scroll down for english version / Veuillez dérouler pour accèder à la version Anglaise

Version Française 👇

Jusqu’à la mort
Par Navid Shahzad

Le dernier épisode de la série qui, pour des raisons non fondées continue d’être une affaire des plus controversée, s’intéresse à plusieurs thèmes majeurs. Le premier, et sans doute le plus important, concerne la rupture des rôles traditionnels par les femmes, et le second, dans le même cadre d’importance, se rapporte à la dangereuse autorité parentale exercée par les pères et les mères dans les sociétés semi traditionnelles ou même modernes.

Examinons le premier thème à la lumière de la dynamique entre Sancar et Mavi qui repose sur une profonde affection mutuelle. L’amour inconditionnel est un thème très populaire des séries télévisées turques, et ce sont les femmes plus que les hommes qui le recherche chez leur partenaire sans pour autant réaliser que c’est une denrée rare et difficile à acquérir et que cela les conduit souvent à les rendre malheureuses. Au commencement d’une idylle, les amoureux se font des promesses pour le meilleur ou pour le pire ou, comme dans le cas de Sancar et Mavi, olene kadar (« jusqu’à la mort »), ce qui fait frissonner bon nombre de personnes en raison de la référence tragique à la série magnifique mais courte d’Akyürek en 2017. Dans ses vœux de mariage traditionnels, la foi chrétienne utilise un certain nombre d’expressions qui ont été progressivement abandonnées au fil des ans.  Par exemple, l’expression « aimer et obéir » ainsi que la promesse « jusqu’à ce que la mort nous sépare » ont été communément abandonnées lors des cérémonies de mariage royal. Selon le New York Times, Charles et la défunte princesse Diana avaient décidé d’omettre le mot « obéir », ce qui fut considéré comme un acte très avant-garde à l’époque. À sa place, la princesse dit simplement de son époux qu’elle promettait de : « l’aimer, le réconforter, l’honorer et le garder, dans la maladie et la santé ».

Le mariage musulman est davantage un contrat social qu’un échange de vœux qui nécessite la présence de témoins et l’assentiment des deux parties sans contrainte. Sancar et Mavi s’engagent à passer le reste de leur vie ensemble, à s’aimer et à se réconforter mutuellement, tout en créant un environnement familial heureux pour Melek, qui s’est rapprochée de Mavi et lui montre à présent beaucoup d’affection vu qu’elle commence à la considérer comme sa mère adoptive. Pour Sancar, ce développement bienvenu atténue son anxiété quant à la réaction de Melek concernant son mariage secret et il se sent encore plus reconnaissant envers Mavi pour sa compréhension et sa compassion envers son enfant sans mère.  

Mais même dans la maison élégante et esthétique que Mavi et Sancar se sont créée, les décisions concernant la future résidence permanente de la famille de trois personnes créent une situation qui promet de devenir litigieuse très tôt dans le mariage. Mavi n’est pas une jeune Nare prête à se laisser forcer la main pour vivre une vie qu’elle n’a pas choisie. Malgré les nombreux efforts que Nare ait pu déployer pour quitter la maison de Sancar, là où résidait sa femme, les circonstances jouèrent contre elle. Si ce ne fut pas sa blessure, ce fut son enfant qui, à son tour, la contraignit à revenir sans cesse au manoir dirigé par la matriarche Halise. N’étant pas l’épouse « légale » de Sancar, elle resta sur la défensive face aux assauts incessants d’Halise sur sa dignité et sa personne.

Nous sommes donc ravis lorsque Mavi résiste à la suggestion de Sancar de déménager dans le manoir où « l’ordre » étouffant d’Halise régit les conditions de vie de ses résidents. Ordonner à ses fils, même à leur âge actuel, alors qu’ils sont parents—comme dans le cas de Sancar, ou sur le point de l’être, comme celui de Yahya—Halise continue à s’imposer sur tout le monde, tandis que sa cruauté n’a pas de limite lorsqu’elle « suggère » mielleusement à Elvan de quitter le manoir puisque Yahya et Dudu sont censés y habiter après leur mariage.

Frappé d’un amour tendre qui se traduit par d’innombrables câlins, de tendres baisers et une paix qu’il n’a pas connue depuis de nombreuses années, Sancar est un homme heureux. La carapace dure qu’il avait érigée autour de son cœur, comme une armure pour parer à la douleur et à la déception, semble fondre lentement alors qu’il est assis avec la tête de sa bien-aimée reposant contre son épaule, en paix avec le monde et avec lui-même. La profession d’amour mutuelle entre Mavi et Sancar est relativement réaliste, tout comme la clarté avec laquelle ils voient l’avenir. Après tout, la vie de couple n’est pas exempte de querelles, de disputes et de tensions, car les deux partenaires ont des attentes l’un envers l’autre. Ce n’est que lorsque les secrets ne sont pas partagés, comme dans le cas de Nare dans le passé et de Mavi dans le présent, que les problèmes commencent, en particulier s’il y a un problème de confiance au départ.

 Akyürek et Büyüküstün partagent un niveau d’aisance mutuelle qui est difficile de ne pas remarquer. Les sourires au ralenti qu’ils échangent, les mains qui s’étreignent, le léger effleurement du visage, tout cela est facile pour les deux, alors qu’ils s’efforcent de convaincre le spectateur de leur attirance et de leurs sentiments mutuels. L’artiste consommé qu’est Akyürek parvient, à la manière d’un caméléon changeant, à exprimer la tendresse, la joie, le soulagement et une grande affection en un clin d’œil. Dans le rôle de Sancar, il apporte un engouement contagieux et enfantin au personnage alors qu’il fait les courses pour acheter du fromage exporté, des olives et du pain fraîchement cuit pour les ramener à sa « femme » qui attend à la maison pour préparer un splendide repas à deux. C’est un Sancar qui ne peut s’empêcher de sourire ou de rire lorsque le commerçant local confond le fromage mascarpone avec un détergent ! C’est l’homme qui rentre chez lui et ne peut s’empêcher de mordre dans le pain tendre qu’il emporte avec lui comme un écolier qui ne peut résister à une barre de chocolat.  

Mais le retour à la maison est loin de ce que le jeune marié avait tant anticipé. Une jeune mariée tendue et effrayée l’attend et il la serre contre lui pour calmer les battements de son cœur. Pensive et silencieuse, le regard perdu dans la nuit qui s’installe autour d’eux, la respiration de Mavi reste irrégulière et elle semble préoccupée par ses propres pensées. Promettant de tout lui dire une autre fois, Mavi ajoute à la joie de Sancar en réservant la soirée pour eux deux plutôt que de parler du passé. Le visage d’Akyürek, tel un miroir reflétant les multiples expressions changeantes de Sancar, passe de l’inquiétude à un tendre regard. À un moment, ses yeux brillent de bonheur comme des olives d’un noir brillant saturées de l’huile d’olive la plus fine, tandis qu’au moment suivant, il jette un coup d’œil à Mavi, les yeux empreints d’inquiétude.  

L’avant-première de l’épisode 44 a soulevé des questions qui, sans être inattendues, ont surpris le téléspectateur par la vitesse à laquelle elles ont ruiné ce qui aurait dû être la période de lune de miel de Sancar et Mavi, récemment unis dans ce même épisode. Un secret pour tout le monde, sauf pour Kavruk, l’âme sœur de Sancar, on s’attendait à ce que les jeunes mariés profitent d’un peu de temps privé pour mieux se connaître. Pour que les relations se développent et mûrissent, il est important de prendre l’habitude de pratiquer chaque jour une tâche difficile mais essentielle. Si l’on croit vraiment que la seule façon de se rapprocher l’un de l’autre est de partager ses sentiments les plus intimes, sans laisser de place aux secrets entre l’amant et l’aimé, alors Mavi a échoué avant même que le mariage n’ait eu lieu, car elle n’a jamais contredit Sancar ni offert d’explication. Sancar a continué à croire que le mari de Mavi était également mort dans l’accident de voiture qui a tué la fille de Mavi, et le fait de réaliser que l’homme est vivant et en bonne santé s’avère une surprise époustouflante pour Sancar qui a toujours eu un réel problème de confiance dans le passé.

Mais avant de nous engager dans cette voie, nous devons faire une pause pour mieux comprendre le danger réel dans lequel Mavi s’est engagée par son mariage. Sedat est un homme qui se déplace avec un couteau et un tournevis dans les poches, qui inspecte les œuvres d’art de la maison dans laquelle il est entré par effraction, qui se vautre sur le canapé où Mavi s’était récemment assise, qui inspecte ses restes de thé et de boisson, les trouvant tous deux « insipides », et qui finalement s’avance vers la chambre de Mavi, pour la retrouver endormie et gémissante de terreur, aux prises avec un cauchemar dont elle semble ne pas pouvoir se débarrasser. Il y a comme quelque chose de presque terrifiant et obscène à voir cet homme caressant les cheveux de Mavi, lui touchant ses mains, et embrassant son ex-femme pendant son sommeil, tout en sachant pertinemment qu’il est allé au-delà des limites de la bienséance.  Nous sommes doublement mal à l’aise car nous avons vu à quelle vitesse il perd son sang-froid, comment il sort un couteau à la moindre provocation et, selon les dires de l’ex-ambassadeur insidieux, comment il se révèle être un « homme dangereux » mais qui peut être contrôlé comme Akin ! C’est la première fois que nous entendons une telle description d’Akin par son propre père adoptif, un homme qui lui a usurpé des millions, et nous somme écœurés par son caractère calculateur.  

Laissant Mavi à la villa, Sancar est un invité réticent, sur l’insistance de sa mère, à un dîner avec un futur marié suspicieusement silencieux contrastant avec les bavardages d’une Dudu excitée. Le repas est pimenté par les propos de Melek qui affirme à quel point elle aime Elvan, qu’elle décrit comme « sa meilleure amie ». Cette remarque suscite l’approbation souriante de Sancar, mais rend encore plus gênante la conversation autour de la table. Une Gülsiye triste et un Sancar au cœur lourd constatent l’absence d’Elvan, tandis qu’une Halise impérieuse semble présider fièrement sur l’ordre qu’elle maintient dans sa maison. Le scénario nous sert cependant un dessert formidable, que nous aspirions à savourer depuis longtemps, en guise d’après dîner : Yahya réprimande durement sa mère pour son comportement vraiment incriminant. On ne peut s’empêcher d’approuver et d’encourager Yahya lorsqu’il dit à Halise d’arrêter de rendre ses enfants malheureux par son ingérence constante et plutôt de s’occuper de ses affaires. La remontrance est justifiée, mais malheureusement, comme l’eau glissant sur le dos d’un canard, elle n’a pas l’effet désiré. La petite visite tranquille de Sancar à Elvan est très appréciée, car il lui assure son soutien indéfectible et son affection sincère, ce qui apparaît comme une bouffée d’air frais dans l’environnement étouffant créé par Halise.

Contrairement à Mavi, Elvan est un modèle de femme qui n’a pas beaucoup confiance en elle et qui a été délibérément trompée par une femme qu’elle a toujours admirée et aimée. Orpheline et peu éduquée, Elvan a été impressionnée par l’autorité d’une femme comme Halise et a cherché à gagner son approbation à chaque étape de sa vie. Privée de toute possibilité de développer une autre compétence que celle de belle-fille obéissante, Elvan est restée comme une petite fille aux anges devant le moindre geste d’affection. Mariée à un homme immature et stérile, Elvan est privée de son identité, de sa féminité et d’une vie indépendante heureuse par une femme cruelle et injuste qui se débarrasse d’elle à la première occasion avec aussi peu de compassion qu’on enlèverait une mouche du lait. En revanche, Mavi est une femme qui a travaillé et prouvé sa valeur dans le monde fortement compétitif des affaires et qui a, par choix, décidé d’interrompre temporairement sa carrière à la suite de sa tragédie personnelle. Malheureusement, tous les choix d’Elvan ont été faits pour elle. De la manière dont elle s’habille à l’abandon avec lequel elle peut, ou ne peut pas, danser au mariage de son propre beau-frère, elle a été manipulée impitoyablement comme une marionnette par une femme puissante qui jouit de l’autorité qu’elle exerce.

Son cœur déborde tellement bonté qu’Elvan fait même une liste d’épouses possibles pour son mari lorsqu’on lui dit à tort qu’elle est stérile. Ironiquement, la liste est utilisée pour son beau-frère plutôt que pour son mari et c’est ainsi que commence la triste histoire de Menekse, pour laquelle Elvan n’a jamais cessé de se blâmer. Le départ soudain de Nare n’a pas seulement brisé Sancar et Melek, il a été aussi un coup dur pour Elvan qui avait cherché refuge auprès de Nare et dans sa maison. De nouveau seule, c’est l’irascible tante Feride qui l’initie à l’aromathérapie et un inconnu qui l’aide à trouver ses marques et à faire les premiers pas hésitants vers une indépendance retrouvée. Elvan représente le portrait de nombreuses femmes qui vivent sans être aimées et appréciées, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. La façon dont Yahya traite son ex-femme lui coûte sa décence naissante, mais pour l’instant, il est trop tard pour qu’il se rende compte du tort terrible qu’il a fait à une femme loyale et confiante. Le charmant personnage de Bora, avec ses chemises à carreaux et ses chaussures multicolores, sa tendance à remonter le moral et le plaisir évident qu’il ressent en la compagnie d’Elvan, est exactement ce dont a besoin la fille qu’Halise a mise à la porte. Gülsiye étant au courant de la conversation, attendons de voir ce que Sancar va découvrir à propos de ce que sa mère est capable, en plus de ses activités définitivement mafieuses.

Dans les deux cas, les vies de Sancar et d’Elvan sont radicalement changées par des étrangers qui apparaissent comme des personnes compatissantes, aimantes et généreuses, mais cela ne veut pas dire que tout nouveau venu qui entre dans le monde provincial de Muğla possède la même intégrité. De Çelebi à Ahmet, et maintenant Sedat, les « étrangers » apportent aussi avec eux une toxicité et une méchanceté qui sont leurs caractéristiques bien particulières. Cela ne veut pas dire que les habitants de Muğla ne peuvent pas être aussi méchants que les « envahisseurs » et nous avons les cas d’Akin, Menekse, Dudu et le nombre de voyous avec lesquels Necdet s’est associé pour prouver le contraire, tout comme l’incroyable arrogance et l’obstination d’Halise qui continue à détruire la vie des gens. Cependant, avec le refus de Yahya d’épouser Dudu, nous commençons à voir des fissures grandissantes apparaître dans les murs sacrés de l’empire d’Halise.

Alors que la lutte pour le contrôle acharné de Halise, Çelebi, Sedat et même un Ahmet sans succès se poursuit, c’est la première altercation de Sancar et Mavi qui doit nous préoccuper car elle constitue un autre tournant dans le personnage de Sancar. Nous savons que Sancar est un amant follement jaloux, ce qui est un trait de caractère commun à tous les protagonistes turcs des séries télévisées, tous genres confondus, et un coup d’œil aux personnages joués par Akyürek lui-même le prouve. De l’épileptique et fascinant Mustafa Bulut au tendre et timide Kerim Ilgaz, du charismatique et hypnotique Ömer Demir à l’énigmatique Daghan Söysur blessé, tous les personnages d’Akyürek présentent une caractéristique commune qui est celle de la jalousie ; et Sancar ne fait pas exception à la règle. La description railleuse de Sancar comme « macho », faite par Mavi, est plus qu’une demi-vérité, car sa réaction immédiate à la présence de Sedat est d’ordonner à Mavi de faire ses bagages et de partir pour le manoir. Les deux ont déjà discuté de leur lieu de résidence et Mavi a catégoriquement refusé de s’installer sur le « territoire » d’Halise, préférant vivre comme une famille de trois personnes qui apprennent à se connaître dans l’intimité de leur propre maison. Sancar, un peu décontenancé par la réaction initiale de Mavi, insiste, mais est réduit au silence par l’approche raisonnable de Mavi.  

Le fait que l’unité nucléaire de la famille puisse être une entité aussi authentique que le système de la famille élargie ou conjointe est une approche moderne de la vie que Sancar ne connaît pas du tout. Il tente donc de remettre la discussion à plus tard, mais, à sa grande surprise, Mavi reste inflexible. Son argument est tout à fait valable puisqu’elle a quitté une vie où elle n’avait pas son mot à dire et refuse de revivre cette expérience. Quant au fait d’avoir menti à Sancar au sujet de son mari, elle fournit une autre explication valide qu’elle laisse à Sancar le soin de démêler.

La lecture par Sancar du journal de Mavi est en contraste direct avec les notes de Nare qui ne répétaient qu’un seul et unique message. Le mantra quotidien de « ne jamais pardonner à Sancar » avait choqué Sancar plus que si elle le lui avait dit elle-même, mais la présente note écrite à Sancar n’est pas seulement explicative, elle est aussi profondément significative. Mavi est le genre de femme qui est comme une oasis pour un homme assoiffé, perdu dans la chaleur accablante du désert d’un passé tragique, car elle offre une ombre tranquille et un soulagement reposant des problèmes du monde. C’est l’aimant qui attire Sancar pour qu’il s’agenouille devant elle et renouvelle son vœu à la femme auprès de laquelle il veut dormir et se réveiller. Un petit sourire timide se dessine sur les coins de sa bouche tandis qu’il l’embrasse doucement, revendiquant la propriété de sa femme, de son parfum, de sa peau semblable à la soie, de l’éclat de ses cheveux, tout comme elle revendique sa senteur, son toucher et sa présence. Avec le renouvellement de leur amour, nous pouvons témoigner de la maturité en constante évolution de Sancar en tant qu’homme respectueux des femmes et des relations basées sur la confiance mutuelle et l’équité. 

Le retour de Sancar et la bague qu’il glisse au doigt de Mavi sont suivis d’une charmante petite scène le lendemain matin, alors qu’ils s’habillent pour assister au mariage de son frère. Mince et sophistiquée dans une robe dos nu avec les cheveux relevés en un chignon à la Hepburn, Sancar est émerveillé par la classe de la femme qu’il a épousée. Conseillant à Sancar de garder la nouvelle de leur mariage pour le bien de Melek, Akyürek est un plaisir à regarder car il prévoit à son tour la réaction de sa mère à la nouvelle. Connaissant bien sa mère, il est plus que sceptique quant à la capacité de Mavi et de sa mère à « parler la même langue » ; et le sourire décidément coquin d’Akyürek, qui anticipe un bras de fer féminin, vaut bien un petit gloussement.

La cérémonie de mariage privée anticipée ne se déroule pas comme Halise l’aurait souhaité. Le premier choc qu’elle reçoit est la nouvelle que son fils aîné a épousé « la femme » qu’elle n’aime pas, le second est le refus de son fils cadet d’épouser la femme de son choix, mais le pire est le contingent de police qui arrive pour l’emmener et l’interroger en présence d’un Sancar déconcerté par la tournure des événements. Il semble que le manoir Efe, si cher à Halise, ne soit pas un lieu accueillant pour les mariages et les célébrations !  

Traduit par Faryal et Roselyne

*****************************

English Version 👇

Until Death
By Navid Shahzad

The latest episode of the series which continues to be such a contentious affair for all the wrong reasons concerns itself with several major themes. The first and perhaps most important is the breaking away from traditional roles by women and the second, which is equally important, is the dangerous parental authority wielded by fathers and mothers in semi traditional or even modern societies.

Let us examine the first theme in light of Sancar and Mavi’s dynamics which are based on a deep mutual affection for each other. Unconditional love is a very popular theme in Turkish dizis with women more often than men, looking for it in their partners disregarding the fact that it is a rare and difficult thing which very often leads to a great deal of unhappiness. In the first blush of love, lovers make promises for better for worse or as in Sancar and Mavi’s case, ‘until death (olene kadar) which sent shivers up many spines for its tragic reference to Akyürek’s magnificent but short lived series in 2017. The Christian faith in its traditional vows of marriage used a number of phrases which have gradually been dispensed with over the years; for example, the ‘love and to obey’ phrase as well as the ‘till death do us part’ promise have been famously dropped from royal marriage ceremonies also. According to the New York Times, Charles and the late Princess Diana agreed to omit the word ‘obey’ in what was seen as an incredibly modern move. In place of the omitted word, the princess just said :  »love him, comfort him, honor and keep him, in sickness and in health. »

Muslim marriages are more social contracts rather than an exchange of vows which require the presence of witnesses and the assent of both parties without duress. Sancar and Mavi agree to spend the rest of their lives together loving and comforting each other in addition to creating a happy home environment for Melek who has shown much affection and closeness to Mavi whom she has started to see almost as a surrogate mother. For Sancar, this is a welcome development because it eases his anxiety about Melek’s reaction to his secret marriage and he feels even more grateful to Mavi for her understanding and compassion for his motherless child.

But even in the aesthetically pleasing elegant home that Mavi and Sancar create for themselves, decisions regarding the future permanent residence for the family of three creates a situation which promises to become contentious very early in the marriage. Mavi is not a young Narê inclined to be badgered into living a life which is not of her own choosing. Despite the many efforts which Narê made to leave Sancar’s house where his wife resided, circumstances worked against her. If it was not her wound, it was her child who in turn forced her to keep returning to the mansion ruled by the matriarch Halise. Since she was not Sancar’s ‘legal’ wife, she remained on the defensive in the face of Halise’s unrelenting onslaughts on her dignity and her person.

We are delighted therefore, by Mavi’s resistance to Sancar’s suggestion of moving to the mansion where Halise’s suffocating ‘order’ regulates the conditions that its residents must live by. Ordering her sons even at their present ages when they are parents –in Sancar’s case or about to be-as in Yahya’s case; Halise continues to ride roughshod over everyone; while her cruelty is immeasurable as she ‘suggests’ ever so nicely that Elvan move out of the mansion since Yahya and Dudu are expected to take up residence there after their marriage.

Smitten by a soft love which translates into innumerable hugs, tender kisses and a peace that he has not known for many years, Sancar is a happy man. The hard shell around his heart that he had built as an armor plating against further pain and disappointment appears to be melting slowly as he sits with his beloved’s head resting against his shoulder – at peace with the world and himself. The mutual profession of love between Mavi and Sancar is genuine enough as is the clarity with which both see the future; after all married life is not without the occasional quarrel, strife and tension since both partners have expectations of each other. It is only when secrets are left unshared as in Narê’s case in the past and Mavi’s case in the present that troubles start, particularly if there is a problem with trust to begin with.

Akyürek and Büyüküstün share a mutual level of comfort with each other which is hard to miss. The slow smiles they exchange, the clasping of hands, the faint fluttering touch of the face- all come easily to both as they work their way towards convincing the viewer of their mutual attraction and feelings. The consummate artist that Akyürek is, he manages chameleon –like to express tenderness, joy, relief and great affection within the blink of an eye. Playing Sancar, he brings an infectious, boyish excitement to the character as he shops for foreign cheese, olives, and freshly baked bread to take home to his ‘woman’ waiting at home to cook a splendid first time meal for the two of them. This is a Sancar who cannot stop smiling or laughing at mascarpone cheese being mistaken for a detergent by the local shopkeeper! This is the man who walks home and cannot resist biting into the soft loaf he carries home like a schoolboy unable to resist a bar of chocolate.

But the homecoming is far from what the newly wed had anticipated so eagerly. A tense and frightened bride awaits him and he holds her close to still the fluttering of her heart. Pensive and quiet with her eyes darting beyond the night settling in around them, Mavi’s breathing remains uneven and she seems preoccupied with her own thoughts. Promising to tell him everything on another occasion, Mavi adds to Sancar’s joy as she reserves the night for the two of them rather than talk about the past. Akyürek’s face is like a mirror reflecting the multiple changing expressions of Sancar as he switches from concern to a melting tenderness. At one moment, his eyes sparkle with happiness like shiny black olives drenched in the finest olive oil; while the next moment sees him glancing at Mavi with eyes clouded over with concern.

The previews of Episode 44 raised issues which though not unexpected still surprised the viewer with the speed with which they ruined what should have been the honeymoon period of Sancar and Mavi’s recent nuptials in the episode itself. A secret from everyone but Sancar’s soul fellow Kavruk, one had expected that the newly weds would enjoy some private time getting to know each other better. For relationships to grow and mature, it is important to make a habit of practicing a difficult but essential task every single day. If one truly believes that the only way to come ‘close to each other’ is to share one’s innermost feelings leaving no room for secrets between the lover and the beloved; then Mavi has failed even before the marriage has begun since Mavi has never contradicted Sancar nor offered an explanation. Sancar had continued to assume that Mavi’s husband also died in the fatal car accident that killed Mavi’s daughter and the realization that the man is alive and well comes like a bombshell to Sancar who has always had a real problem with trust issues in the past.

But before we go down that road, we must stop to realise the very real danger that Mavi’s marriage has put her in. Sedat is a man who walks around with a knife and screwdriver in his pockets, inspects the art work in the house he has broken into, lounges on the sofa that Mavi had recently sat on, checks her left over tea and drink finding both ‘tasteless’, and finally makes his way into her bedroom to find her whimpering with terror at the nightly dreams she appears not to be able to shake off. There is something almost terrifyingly obscene about the man who caresses her hair, runs his hand over hers and kisses his former wife while asleep knowing fully that he is trespassing. We are doubly uneasy since we have seen how quickly he loses his temper, pulls out a knife at the least provocation and – according to the insidious former ambassador – is a ‘dangerous man’ but one who can be controlled like Akin! It is the first time we have heared Akin described as such a man by none other than his own godfather who has usurped the dead man’s millions and we are repulsed by how calculating a man he is.

Leaving Mavi at the villa, Sancar is a reluctant guest at dinner at his mother’s insistence with a suspiciously quiet groom contrasted by the chirpiness of an excited Dudu. The meal is lent some spice with Melek’s endorsement of how much she loves Elvan whom she describes as ‘her best friend’ – a remark that draws Sancar’s smiling approval but strains the awkward enough conversation around the table. A sad Gülsiye and heavy hearted Sancar note Elvan’s absence even as an imperious Halise appears to preside proudly over the order she maintains in her household. The screenplay however serves up a terrific dessert that we have long been wanting to savour as after dinner, Yahya tells his mother off for her truly offensive behavior. We cannot help but stand up and cheer for Yahya as he tells Halise to stop making her children miserable with her constant interference and get a life of her own. The assessment is spot on but unfortunately, like water off a duck’s back fails to have the desired effect. Sancar’s quiet little visit to Elvan is much appreciated as he assures her of his unstinting support and genuine affection which is like a breath of fresh air in the stifling environment created by Halise.

As opposed to Mavi, Elvan is a model of a woman with a damaged sense of self-worth who has been deliberately cheated by a woman she has always admired and loved. An orphan with little education, Elvan was awed by the authority wielded by a woman like Halise and sought to win her approval at every step of her life. Denied any opportunity to develop any skill but that of an obedient daughter-in-law, Elvan has remained a child at heart delighted by the smallest gesture of affection. Married to an immature, sterile man, Elvan is robbed of identity, womanhood and an independent satisfying life by a cruel and unjust woman who dispenses with her at the first opportunity with as little compassion as one would pick a fly out of milk. By contrast, Mavi is a woman who has worked and proven her worth in a strongly competitive corporate world and has – by choice- decided to take a breather from it in the wake of her personal tragedy. Elvan has unfortunately, had all her choices picked for her. From the manner in which she dresses to the abandon with which she may, or may not dance, at her own brother-in-law’s wedding, she has been manipulated mercilessly like a marionette by a powerful woman who enjoys the authority she wields.

With a heart as large as a barn door, Elvan even makes a list of possible brides for her husband when wrongfully told that she is barren. Ironically, the list is used for her brother-in-law rather than her husband and thus begins the sorry tale of Menekse, which Elvan has never stopped blaming herself for. Narê’s sudden departure did not just shatter Sancar and Melek, it was as much a blow to Elvan as she had sought shelter in Narê’s company and her home. Alone yet again, it is the irascible Aunt Feridey who trains her in the art of aromatheraphy and a stranger who helps her find her feet as she takes the first hesitant steps towards a new found independence. Elvan is the face of many women who live unloved and unappreciated until it is too late. Yahya’s shabby treatment of his former wife comes at the cost of his nascent decency but for the present, it is too late for him to realise the terrible wrong he has done to a loyal and trusting woman. The delightful character of Bora with his checked shirts and multi coloured shoes, his enormous penchant for lifting spirits and his obvious delight in Elvan’s company is just what the doctor ordered for the girl whom Halise has kicked out. Since Gülsiye is privy to the conversation, we will wait for Sancar to find out what his mother is capable of in addition to her positively mafia like activities.

In both cases i.e. Sancar and Elvan’s lives are radically changed by outsiders who are compassionate, loving kind and generous people but that is not to say that all people who enter the provincial world of Mügla possess the same integrity. From Çelebi to Ahmet and presently Sedat; ‘outsiders’ also bring with them a toxicity and viciousness that is their special trademark. This is not to say that the native dwellers of Mugla cannot be as wicked as the ‘invaders’ and we have the cases of Akin, Menekese, Dudu and the number of thugs that Necdet consorted with to prove otherwise; just as the incredible arrogance and willfulness of Halise continues to wreck people’s lives. However, with Yahya’s refusal to marry Dudu we begin to see widening cracks appearing in the hallowed halls of Halise’s empire.

While the tussle for unbridled control by Halise, Celebi, Sedat and a lame duck Ahmet continue, it is Sancar and Mavi’s first altercation that we must concern ourselves with as this serves as yet another turning point in Sancar’s character. We know Sancar to be an insanely jealous lover which is a character trait common to all Turkish protagonists of TV drama across all genres, and a glance at characters played by Akyürek himself proves the point. From the epileptic, fascinating Mustafa Bulut to the shy sweetness of Kerim Ilgaz, the charismatic, hypnotic Ömer Demir to the enigmatic, wounded Daghan Söysur- all of Akyürek’s characters display one common characteristic- jealousy; and Sancar is no exception to the rule. Mavi’s half-teasing description of Sancar as ‘macho’ is more than a half truth; as his immediate reaction to Sedat’s presence is to order Mavi to pack up and leave for the mansion. The two have already had a discussion about where they will live and Mavi has categorically refused to move to Halise’s ‘territory’ since she would prefer to live as a family of three getting to know each other in the intimacy of their own home. Sancar is a little taken aback at Mavi’s initial reaction and insists but is silenced by Mavi’s sensible approach.

That the nuclear unit of the family can be as authentic an entity as the extended or a joint family system is a modern approach to living which Sancar is completely unfamiliar with. He therefore attempts to put the discussion off to a later time, but much to Sancar’s disbelief, Mavi remains adamant. Her argument is entirely valid as she has walked away from a life in which she had no say and refuses to relive the experience again. As to having lied to Sancar about her husband, she gives yet another rational explanation which she leaves Sancar to sort out on his own.

Sancar’s reading of Mavi’s diary is a direct contrast to Narê’s jottings which had reiterated only one message repetitively. The daily mantra of ‘never forgive Sancar’ had shocked Sancar more than if she had said the same to him but the present note written to Sancar is not only explanatory, it is also deeply meaningful. Mavi is the kind of woman who is like an oasis to a thirsty man lost in the searing desert heat of a tragic past as she offers a quiet shade and restful relief from the troubles of the world. This is the magnet that draws Sancar back to kneel before her and reseal his vow to the woman he wants to sleep with and wake up next to. A small shy smile plays on the corners of his mouth as he kisses her gently, claims ownership over his woman, her scent, her silk like skin, the shine of her hair just as she lays claim to the taste of him, his touch and his presence. With the resealing of their love, we can vouch for Sancar’s ever evolving maturity as a man respectful of women and relationships which are based on mutual trust and equity.

Sancar’s return and the ring that he slips on Mavi’s finger is followed by a delightful little scene the following morning as they dress to attend his brother’s wedding. Sleekly sophisticated in a backless long black dress with her hair up in a Hepburn-like chignon, Sancar marvels at the classy woman he has married. Advising him to hold on to the news of their marriage for Melek’s sake, Akyürek is a treat to watch as he in turn foresees his mother’s reaction to the news. Knowing his mother as well as he does, he is more than sceptical about Mavi and his mother being able to ‘speak the same language’; and Akyürek’s decidedly naughty smile anticipating a female tug-of -war is worth a chuckle.

The anticipated private wedding ceremony does not go as Halise would have wanted. The first shock she receives is the news that her older son has married ‘the woman’ she does not like, the second upset is her younger son’s refusal to marry the bride of her choice, but the worst is the police contingent that arrives to take her away for questioning in the presence of a Sancar bewildered by the turn of events. It appears that Halise’s beloved Efe mansion is not a welcoming venue for weddings and celebrations!

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Résoudre : *
26 ⁄ 13 =