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Le retour à la maison
Par Navid Shahzad

L’un des thèmes les plus importants constamment mis en avant dans Sefirin Kizi est le concept de « maison » ou de « patrie ». Les Grecs ont un mot captivant qui signifie « nostos », c’est-à-dire « retour à la maison ». Étant donné ses implications politiques récentes au vu des inondations de réfugiés et des migrations forcées que le monde a connues dernièrement, nous pouvons déclarer que les questions liées à la fois au « foyer » et aux « sans-abris » figurent parmi les plus importantes préoccupations du XXIe siècle. Pour la majorité d’entre nous, le mot « foyer » se traduit par un lieu idéalisé qui existe principalement dans notre imagination comme le site de notre enfance perdue, de notre famille et, plus important encore, de notre identité.

En fait, le retour à la maison n’est jamais comme on l’imagine, pour la simple raison qu’à mesure que nous nous éloignons de notre passé, nos souvenirs petit à petit s’effritent.  En devenant sélectifs dans ce que nous choisissons de nous rappeler ou d’oublier, nous colorons notre passé de palettes de notre propre choix. Pour une enfant sans racines comme Nare, Sancar représente le foyer qu’elle a toujours désiré. Chaque année, elle revient pour quelques jours, et chaque fois il est là pour infuser sa vie de plaisirs simples, d’espoir et d’un amour incommensurable. Dans un monde qui ferme facilement les yeux sur les relations à court terme, Nare et Sancar sont présentés comme un couple d’amoureux de plus en plus rare, dont les cœurs n’ont de place que pour l’autre. C’est de cela que sont faites les légendes !  

Dans son poème, A Valediction Forbidding Mourning (Une condamnation qui interdit le deuil), le remarquable poète métaphysique du XVIIe siècle, John Donne, compare l’amour au fonctionnement d’une boussole lorsqu’il parle d’Anne, sa femme. Chaque fois qu’il voyageait, ce qui était souvent le cas, sa femme restait à la maison un peu comme l’aiguille fixe d’une boussole.  Plus il voyageait, plus l’autre aiguille se penchait vers lui. La boussole ne redevenait normale que lorsque l’aiguille vagabonde reprenait enfin sa place, après avoir fait le tour du cadran.  La comparaison aurait pu être écrite pour Sancar et Nare mais à l’inverse, puisque c’est Nare qui voyage et Sancar qui reste au milieu du cadran comme le point fixe. Cette année fatidique où elle a dix-huit ans, Nare prévoit de rentrer enfin « à la maison » aux côtés de l’homme qui, veut-elle bien croire, va l’aimer pour toujours, et s’engage envers lui corps et âme tout en voulant désespérément, selon les mots du poète Jericho Brown : « devenir verte d’espoir ».  

Mais le destin a d’autres projets pour la jeune fille qui rêve d’un printemps perpétuel. En contraste avec l’intégrité et la noblesse de caractère inhérente de Sancar, Akin transforme les rêves de Nare en un cauchemar aggravé par le comportement scandaleux de son père. La jeune fille désespérée et blessée s’enfuit vers le seul refuge qu’elle connaisse, pour être déçue, sauvagement chassée et poussée au suicide. 

En tant que téléspectateurs, nous devons regarder au-delà de l’action immédiate et évidente qui se déroule tout au long des 15 épisodes diffusés. Nous devons, en tant que téléspectateurs avertis, noter que Nare est constamment associé à l’oiseau, en particulier l’autour, et à la notion d’envol, tandis que les points de référence de Sancar se rapportent à la fertilité, la terre et la croissance. Alors qu’elle efface leurs noms gravés sur « leur » arbre, Nare envoie un message à Sancar sous la forme d’un oiseau solitaire qui se perche sur son balcon la nuit où il consomme son mariage avec Menekşe. Alors qu’un Sancar triste émerge de la chambre nuptiale, l’oiseau s’envole silencieusement comme s’il le réprimandait pour avoir trahi son amour. Bien qu’il soit un homme d’affaires très prospère, Sancar préfère travailler la terre qui a nourri sa famille pendant des générations d’Efes. Dans un sens, les deux amoureux appartiennent à des éléments opposés—Nare à l’air et Sancar à la terre. Les deux autres éléments, le feu et l’eau, peuvent être attribués respectivement à Sancar et à Nare, car il se brûle ainsi que tous ceux qui sont associés à son passé, alors que, malgré sa propre tragédie, Nare est la seule à pouvoir éteindre le feu.

Outre ces caractéristiques élémentaires, on peut voir que le récit renforce encore un autre lien entre les deux amants qui est celui de l’oiseau et de l’olivier. Parmi les plus anciens arbres cultivés connus dans le monde, l’olivier aurait été offert aux Grecs par la déesse Athéna, ce qui a donné lieu à une pléthore de légendes et d’histoires autour de son huile et de son utilisation dans les cultures méditerranéennes. Dans l’Ancien Testament, une colombe vole vers Noé et l’Arche avec un rameau d’olivier dans son bec, signifiant « l’espoir » et signalant que la terre est proche et que le déluge dévastateur touche à sa fin. Au fil des années et dans diverses religions, l’olivier s’est petit à petit associé à la fertilité, à la puissance, à la sagesse et à la pureté. Une croyance commune va même jusqu’à attribuer au tronc noueux de l’arbre la protestation d’avoir été utilisé pour créer la croix sur laquelle le prophète Jésus a été crucifié !

Hautement recommandée par le Prophète Mohammed (Que la paix soit avec lui !), l’huile du fruit lui-même est considérée comme sacrée et est utilisée dans plusieurs religions pour le baptême et la guérison, tandis que les couronnes faites de ses branches couronnent les vainqueurs. Avec une telle histoire, cela va de soi que les ancêtres de Sancar cultivaient des bosquets de l’arbre dont les branches symbolisent souvent l’abondance, la gloire et la paix. L’olivier est un arbre à croissance lente et robuste qui vit jusqu’à un grand âge nécessitant patience et soins avant de porter ses fruits tant convoités. Pour le fils d’un métayer, la vie dans une oliveraie aurait été, dans le meilleur des cas, un dur combat avec une terre sèche et inflexible. La récolte des fruits aurait été une autre tâche ardue, étant donné qu’il est préférable de cueillir les fruits à la main afin d’éviter les meurtrissures qui ruineraient leur qualité.

Sancar est donc récompensé pour son travail pénible par la terre et les arbres qu’il soigne dans un monde qui, bien qu’abondant en termes de récoltes, offre une expérience plutôt limitée de la vie. Pour le jeune Sancar, sa seule priorité pendant son enfance était de survivre. Lorsqu’il est confronté à Nare, qui n’est pas de son monde, il a tendance inconsciemment à la traiter comme une déesse, et son corps se transforme pour lui en un temple, non de désir mais de culte. Sancar, en tant qu’homme élémentaire qui observe les rites de la prière et pratique un code moral strict, se retrouve complètement dépassé lorsque sa déesse semble montrer des signes de faiblesse. Ce n’est donc pas surprenant qu’il ne soit pas du tout préparé à la situation lorsque Nare, meurtrie et battue, vient se réfugier chez lui pour échapper à la tempête qu’elle a traversée.  Pourquoi Sancar a-t-il tant de mal à croire Nare ? Alors que le temple sacré de son corps traverse manifestement le désespoir, pourquoi refuse-t-il d’entendre et de comprendre ses supplications pathétiques de compassion ? Pourquoi la douleur de la trahison qu’il ressent l’emporte-t-elle sur l’angoisse de Nare? Seule une porte en bois les sépare, mais avec tout l’effet que cela peut faire, ça aurait aussi bien pu être un mur de béton.

La rage brûlante qui jaillit au plus profond de Sancar scelle le destin de cette fugace opportunité de réunification, de réconfort et de guérison qui s’échappe tristement comme les larmes qui coulent le long de leurs joues. Tels deux enfants blessés, perdus dans le noir et appelant au secours, ils sont seuls à soigner leurs blessures.  Nare choisit la mort pour s’épargner davantage de souffrances, tandis que Sancar est condamné à mourir à petit feu pour le restant de ses jours.  L’explication de son comportement est en partie liée à l’insécurité de Sancar, qui ne peut pas croire que sa rude vie puisse soudainement devenir aussi merveilleuse. Comment se peut-il qu’une enfant si chanceuse, jouissant de la richesse, de la meilleure éducation, de privilèges, d’un statut et d’une vie enviable, puisse aimer un homme autant démuni, n’ayant même pas les moyens de  payer pour une tasse de thé et encore moins une bague!

C’est ce doute constant, nourri par une jalousie inhérente à l’égard d’autres partenaires, peut-être plus appropriés, qui tourmente Sancar. Sa propre incrédulité en sa bonne fortune et les attentes élevées qu’il nourrit en matière d’amour et de loyauté sont les fondements amers de leur séparation. Ce qui aurait dû être la nuit la plus heureuse de leur vie se transforme en cauchemar pour tous les deux. Nare, traumatisée, est laissée pour morte dans des circonstances mystérieuses, tandis que Sancar devient la proie de ses propres démons. Tout change cette nuit fatidique des dix-huit ans de Nare lorsqu’elle prévoie de s’enfuir avec son bien-aimé. Malheureusement, son deuxième retour à la maison n’est pas différent du premier. Comme la gelé mordante des hivers qui dévaste tout sur son passage, tout semble avoir changé. Le garçon sans le sou qu’elle avait aimé et épousé est devenu le propriétaire de la plus belle demeure de Milas, un membre très respecté de la communauté et marié à une autre femme.

Quant à savoir pourquoi Nare attend que Sancar se marie avec Menekşe avant d’interrompre les célébrations de mariage, il ne semble pas y avoir d’explication simple. S’il est vrai qu’elle souhaite pour Melek un environnement familial sûr avec son père pour remplacer l’absence de sa mère lorsque la loi la rattrapera, pourquoi laisse-t-elle la cérémonie se dérouler alors qu’un seul mot aurait suffi pour tout gâcher. Cette situation nous laisse un peu perplexe, d’autant plus qu’elle le confronte après son mariage. 

Après tout, elle est devenue elle aussi l’épouse de Sancar aux yeux de Dieu et de deux témoins remplissant les injonctions prescrites par leur foi. Que le mariage n’ait pas été enregistré et ait donc été illégal reste un point discutable, mais Melek n’est ni une enfant illégitime ni une enfant née hors du mariage comme le souligne Halise avec raillerie. Ce serait pour la petite fille une insulte insupportable que ni l’un ni l’autre des parents ne pourrait tolérer. Terrifiée, abasourdie par la fatigue, vide de toute émotion et dévastée, pourquoi est-t-elle présente lorsque son propre mari accepte une autre femme à sa place ! Pendant un instant, Sancar hésite et revit la douleur du désir ardent, qui l’a oppressé durant tant d’années vides et de solitude, et de l’attente qu’il a dû endurer durant tant d’insomnies. 

Après un silence de neuf ans, convaincu que Nare ne reviendra plus et que la vie doit continuer, il cède aux désirs d’une mère irascible et dominatrice pour se retrouver face à un scénario que personne n’aurait pu prévoir ! Cette première rencontre ne peut donc être qu’explosive, les années de rage, de désir, de soulagement et de regret de Sancar ayant trouvé un exutoire. Son « bourreau » se tient devant lui de manière défiante, accompagné d’une jolie petite fille. Nare est encore plus belle que dans ses souvenirs, sa nouvelle mariée reste assise l’œil humide dans la chambre nuptiale, sa mère souffre d’un épisode d’hypertension, les invités sont horrifiés, le mariage est ruiné ! Pas étonnant que le marié désespéré se précipite dans le sanctuaire de son grand-père pour demander « Que dois-je faire ? » 

C’est vraiment l’une des situations les plus étranges et les plus imprévisibles dans laquelle un homme puisse se trouver. Nare, bien que tout aussi désespérée, camoufle son agitation sous un extérieur trompeusement calme et supplie Sancar pour qu’il accepte sa fille. 

Le choc est catastrophique, tout comme le résultat est prévisible. La révélation de Nare tombe comme un tremblement de terre qui arrache le sol sous ses pieds, secouant la puissante montagne jusqu’à ce qu’elle commence à se désintégrer avec la force des glissements de terrain et des chutes de pierres, développant des fissures massives, des ravins profonds et des canyons abrupts.  

Le monde de Sancar est à nouveau bouleversé !

Traduit par Faryal et Roselyne

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Version Anglaise 👇

The Homecoming
by Navid Shahzad

One of the most important themes constantly highlighted in Sefirin Kizi is the concept of ‘home’ or the ‘homeland.’ The Greeks have a haunting word for it ‘nostos’ which means homecoming. Given its recent political ramifications in the wake of the floods of refugees and enforced migrations that the world has seen recently, we can say that the twin issues of ‘home’ and ‘homelessness’ rank among some of the most important anxieties of the 21st C. For the majority of us, the word ‘home’ translates into an idealized place which exists primarily in our imagination as the site of one’s lost childhood, of family and most importantly, of our identity.

In actual fact, homecoming is never what we think it is, for the simple reason that as we move further away from our past, our memories begin a slow process of disintegration. Becoming selective in what we choose to remember or forget, we colour our past in palettes of our own choosing. For a rootless child like Narê, Sancar is the personification of the home that she has longed for all her life. Every year for a number of days she comes home and each time he responds by infusing her life with simple joy, hope and an immeasurable love. In a world which comfortably condones short term relationships; both Narê and Sancar, are presented as an increasingly rare species of lovers whose hearts have space only for each other. This is the stuff that legends are made of!

The remarkable 17th C Metaphysical poet John Donne in his poem ‘A Valediction Forbidding Mourning’, compares love to the working of a compass when he speaks of his wife Anne. Whenever he traveled (which was often) his wife would remain at home much like the fixed foot of a compass – the further he traveled, the more the other foot leaned towards him. The compass only became whole when the roving foot finally came home after completing a circle. The simile could have been written for Sancar and Narê but in reverse, since it is Narê who travels and Sancar remains in the middle of the circle as the fixed point. That fateful year when she turns eighteen, Narê plans on finally coming ‘home’ to the side of the man she believes will love her forever, pledging herself to him body and soul and desperately wanting in the words of the poet Jericho Brown: to ‘grow green with hope’.

But fate has other plans for the girl dreaming of a perpetual spring. In stark contrast to Sancar’s integrity and inherent nobility of character, Akin transforms Narê’s dreams into a nightmare compounded by her father’s outrageous behavior. The desperate wounded girl flees to the only safe haven she knows, only to be disappointed, savagely driven out and driven to commit suicide.

As viewers we need to look beyond the immediate and obvious action that unfolds throughout the 15 episodes that have been aired. We must, as discerning viewers note that Narê is constantly associated with the goshawk and flight, while Sancar’s points of reference are fertility, land and growth. While tearing at their engraved names on ‘their’ tree, Narê sends a heart broken message to Sancar in the shape of a solitary bird which perches itself on his balcony on the night he consummates his marriage with Menekşe. As a sorrowful Sancar emerges from the nuptial chamber, the bird flies silently away as though chiding him for betraying his love. Though a highly successful businessman, Sancar prefers to work with the land which has nurtured his family through generations of Efes. In a sense therefore, both belong to opposing elements – Narê to air and Sancar to earth. The two remaining elements of fire and water may be attributed to Sancar and Narê respectively, as he burns himself and everyone associated with his past; while despite her own tragedy, Narê is the only one who can put the fire out.

Apart from these elemental characteristics, we can see that the narrative reinforces yet another bond between the two lovers which is that of the bird and the olive tree. Among the oldest known cultivated trees in the world, the olive was supposedly gifted to the Greeks by the goddess Athena to the Greeks, which gave rise to a plethora of legends and stories surrounding its oil and usage in Mediterranean cultures. In the Old Testament a dove flies to Noah and the Ark with an olive branch in its beak signifying ‘hope’ and signaling that land is near and the devastating flood is at an end. Over the years and in various religions, the olive has also become associated with fertility, power, wisdom and purity. A common belief even goes to the extent of attributing the gnarled trunk of the tree as its protest against being used to create the Cross on which the Prophet Jesus was crucified!

Highly recommended by the Prophet Mohammed (PBUH) the oil of the fruit itself is considered sacred and is used in several religions for baptism and healing, while wreaths made from its branches crown victors. With a history such as this, it is significant that Sancar’s ancestors cultivate groves of the tree, the branches of which often symbolize plenty, glory and peace. The olive is a slow growing, hardy tree which lives to a great age requiring patience and nurturing before it bears its coveted fruit. For a share cropper’s son, life in an olive grove would have been a hard scrabble in dry, unyielding earth at the best of times. Harvesting the fruit would have been another arduous task as the fruit is ideally handpicked to prevent bruising which ruins the fruit’s quality.

Sancar is therefore, rewarded for his bruising labour by the earth and trees he tends in a world which, though bountiful in terms of the harvest offers limited experience in terms of life itself. For the young Sancar, survival has been the only priority during his childhood. When he confronts Narê who belongs to a world other than his own; he unconsciously tends to treat her like a goddess while her body becomes a temple, not of desire but for worship. An elemental man who observes the rites of prayer and practices a strict code of morality; he finds himself completely out of his depth when his goddess appears to have feet of clay. It is not surprising therefore, that when the bruised and battered Narê comes to him seeking refuge from the storm she has weathered, he is completely unprepared for the situation. Why does Sancar find it so difficult to believe Narê? With the holy temple of her body in obvious despair, why does he shut his ears to her pathetic pleas for compassion and understanding? Why does his own pain and betrayal outweigh Narê’s anguish? Only a wooden door separates both but for all the effect it has, it could have been a concrete wall.

The hot searing rage bubbling up from Sancar’s gut seals the fate of the fleeting opportunity for unification, comfort and healing which sadly slips away like the tears coursing down their cheeks. Like two wounded children lost in the dark and crying out for help both nurse their wounds alone. Narê chooses death to spare herself more pain, while Sancar is sentenced to die a little every day for the rest of his life. The explanation for his behavior may be partly traced to Sancar’s own insecurities as he cannot believe that his hard life could suddenly become so wondrous. How could a child of fortune who enjoys wealth, the best schooling, privilege, status and an enviable life, love a penniless man without the means to pay for a cup of tea let alone a ring!

It is this constant doubt bred by an inherent jealousy of other, perhaps more suitable partners that plagues Sancar. His own disbelief in his good fortune and the high expectations he nurtures about love and loyalty lay the bitter foundation for their separation. What should have been their happiest night turns into a nightmare for both. A traumatized Narê is left to die under mysterious circumstances, while Sancar falls prey to his own demons. Everything changed that fateful night when Narê turned eighteen and planned to elope with her beloved. Unfortunately, coming home the second time is no different from the first. Like a bitter winter frost that devastates all life in its wake, everything appears to have changed. The penniless boy that she had loved and married is now the owner of the finest mansion in Milas; a highly respected member of the community and married to another woman.

As to why Narê waits for Sancar to marry Menekşe before she interrupts the wedding celebrations: there appears no simple explanation. While it is true that she wants Melek to have a secure home environment with her father to substitute for her mother’s absence when the law catches up with her, but why she allows the ceremony to proceed when a single word would have been enough to ruin everything, leaves one a trifle baffled specially since she does confront him after he is married.

After all, she too became Sancar’s wedded wife in the eyes of God and two witnesses fulfilling the injunctions laid down by their faith. That the marriage was not registered and was therefore illegal remains a moot point; but Melek is neither an illegitimate child nor a child out of wedlock as sneeringly referred to by Halise. It would be an unbearable slur on the little girl which neither parent would ever tolerate. With heart in mouth, dizzy with fatigue, emotionally drained and devastated; why does she witness her own husband accepting another woman in her place! For a heartbeat of a moment, Sancar hesitates as he relives the pain of the barren, lonely years of agonized yearning and sleepless waiting that he has lived through.

After a silence of nine years, convinced that Narê will never return and that life must go on; he gives in to an irascible, dominating mother’s wishes only to be faced with a scenario no one could have predicted! This first meeting is therefore bound to be an explosive one, with Sancar’s years of pent up rage, desire, relief and regret finding a ready outlet. His ‘tormentor’ stands defiantly before him with a pretty child in tow, looking even more beautiful than he remembers, his newly wed bride sits teary eyed in the nuptial chamber, his mother suffers a hypertension episode, the guests are aghast, the wedding ruined! No wonder, the desperate groom runs to his grandfather’s sanctuary to ask ‘what shall I do?’

It is truly one of the strangest, most unpredictable situations that any man can find himself in. Narê, though equally desperate, camouflages her agitation beneath a deceptively calm exterior appealing to Sancar to accept his daughter.

The shock is catastrophic, as is the predictable result. Narê’s revelation is like an earthquake tearing away the very ground from under his feet, shaking the mighty mountain until it starts to disintegrate with the force of landslides and rock fall, developing massive cracks, deep ravines and steep canyons.

Sancar’s world is shattered once again!

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