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Une roue de feu
par Navid Shahzad

L’histoire de Sancar et Nare a commencé dans la chaleur d’un été à Muğla sur une plage de sable au bord de l’eau bleu ciel, tandis que le prochain chapitre de la vie de Sancar débute sous un ciel nocturne déversant une pluie froide. On a beaucoup parlé du nom de la mystérieuse inconnue qui, en turc, signifie « bleu », mais qui, lorsque séparé en deux en français, se traduit par « ma vie », tandis qu’en swahili, « mavi » fait référence aux déchets de la fonte de l’argent et de l’or. Alors que nous faisons connaissance avec la personne qui est « tombée du ciel », à l’image du déluge qui a inondé Muğla, nous devons faire preuve de prudence pour arriver à des conclusions trop hâtives, car la belle inconnue représente peut-être tout ce que les différents noms suggèrent, et bien plus encore, mais il est évident que le scénario est prêt à ajouter au mystère avant même de commencer à dévoiler l’histoire de Mavi.  

Au premier abord, Mavi évoque l’exact l’opposé des qualités que suggère son nom. Elle n’est ni tranquille ni calme, elle est seule et manifestement en difficulté, elle n’a pas de contrôle sur sa vie et est stressée à un point tel qu’elle est aussi insomniaque la nuit que Sancar Efe. Malgré tous les efforts de Sancar, il n’y a pas grand-chose à apprendre sur cette femme assez têtue pour prendre le large malgré un avis de tempête, tout comme la divulgation par Kavruk de certains documents falsifiés prouvant qu’elle est un capitaine de bateau titulaire d’un permis représente une source d’inquiétude supplémentaire. Que Mavi et Sancar développent un certain degré de confort après qu’il l’ait sauvée du canot dans lequel elle avait échoué ne devrait pas faire sourciller outre mesure, car c’est ainsi que Sancar se comporte lorsque quelqu’un est en détresse.  Il suffit simplement d’examiner le cas d’Elvan, à la suite duquel il tourne pratiquement le dos à son frère pour avoir divorcé sa femme. Si l’on soutient qu’Elvan est membre à part entière de sa famille, jetons un coup d’œil dans la direction de Ceylan pour constater sa générosité infaillible. La « femme » de l’homme sur qui il a tiré, parce qu’il était responsable de tant de problèmes causés à Sancar et Nare, s’est rapidement vu offrir un abri et une place permanente dans la maison de Sancar lorsqu’elle s’est présentée à sa porte. La naïve et bienveillante Ceylan avait inconsciemment joué le jeu de Kahraman dans le projet d’enlèvement de Nare qui faillit coûter la vie de Sancar et Nare. Pourtant, quand vint le tour de Sancar, fidèle à son intégrité, l’Efe mit volontairement tout de côté et accueillit chez lui une étrangère enceinte. Il ne faut donc pas s’étonner que Sancar puisse autant s’intéresser à Mavi quand elle semble vouloir aller à tout prix à Kos, même à ses risques et périls dans une tempête. Mais quelle est donc l’importance de Kos ? Là est la question que Sancar et nous devons nous poser.  Peut-être que l’un des indices se trouve dans le message vocal relatif aux réservations de la fête d’anniversaire de Mavi il y a un an ! Pour l’instant, l’explication doit être recherchée simplement dans la générosité habituelle de Sancar envers quiconque est vraiment en difficulté. L’homme qui peut pardonner à un ancien beau-frère et lui donner du travail, malgré le fait que ses hommes aient maltraité et blessé Nare, pourrait difficilement refuser d’aider une femme en difficulté. Les antécédents de Sancar mis à part, c’est l’apparence féerique de l’étrangère, que même Kavruk ne peut s’empêcher de commenter, qui met en garde une Halise Efe manipulatrice toujours à l’affut pour s’immiscer, bien que Sancar lui-même ne semble pas affecté par la beauté de l’étrangère à ce stade.

Tout ceci nous amène à relever d’importantes comparaisons. La plus significative et la plus évidente concerne l’apparition des deux femmes dans la vie de Sancar. Nare, avec sa masse de cheveux bouclés et ses yeux gris-bleus, continue à s’habiller avec des vêtements rappelant ceux d’une adolescente. Avec ses robes de « petite fille », ses manteaux et chemisiers trop grands, ses blue-jeans et shorts, et ses éternelles bottes, la bien-aimée de Sancar semblait incroyablement jeune pour être la mère d’une enfant de huit ans. Gediz a été surpris lorsqu’il l’a rencontrée pour la première fois sur le vol vers Muğla, car on aurait pu facilement les prendre pour des sœurs. Mavi, en revanche, est une femme plus mure et sophistiquée, avec beaucoup de goût pour s’habiller, car même les vêtements décontractés qu’elle porte en savourant son café au bord de la mer émanent un certain chic, une certaine élégance. Le fait qu’elle semble ne pas avoir de deuxième prénom ajoute à son mystère, tout comme la tristesse distincte de ses yeux tachetés vert noisette—tout de suite remarquée par l’œil vigilant d’Elvan—peut refléter les nombreuses humeurs de la mer par le jeu d’un regard. Deuxièmement, Nare et Mavi tiennent toutes deux un journal intime, mais avec des motifs bien différents. Nare a tout écrit dans son journal pour ne pas oublier certains détails importants comme le nom de Melek ou le serment qu’elle avait fait de ne jamais pardonner à Sancar.  C’est un exercice rendu nécessaire par l’effet des blessures à la tête après sa chute de la falaise. Ce que Mavi écrit, ce sont de petits poèmes en prose—qui interrogent autant son présent que son passé et qui sont détruits immédiatement après qu’elle les ait écrits—en contraste direct avec Nare qui, elle, s’accrochait à chaque entrée de son journal annuel en revivant chaque jour ses blessures. Tout comme Nare avait gardé le mystère de la raison de son retour à Muğla, Mavi garde un silence énigmatique sur sa soudaine apparition à Muğla. Nare est revenue dans la vie de Sancar à un moment où il avait pris la décision monumentale d’épouser une autre femme, tout comme Mavi est entrée dans sa vie à une étape où il a pris une autre décision monumentale, celle de laisser Nare s’envoler. Nous devons donc faire une pause et mesurer l’impact de la vie de Sancar depuis cette nuit fatidique. S’il existe un mot pour décrire toute son existence, c’est bien le mot « attente ». Lorsqu’il était enfant, il attendait que Nare vienne chaque été.  Plus tard, en grandissant, il attendait des temps meilleurs pour pouvoir lui offrir une bague, la demander en mariage, ou se marier avec elle.  Lorsqu’il s’est séparé de Nare après cette nuit violente et regrettable, il a attendu son retour pendant presque neuf ans. Quand elle est finalement revenue, il a attendu le pardon, non seulement de Nare, mais aussi du Tout-Puissant et de sa propre conscience pour le péché qu’il avait commis. Qu’il n’ait finalement pas pu se pardonner ni se réconcilier avec Nare est la plus grande tragédie de sa vie, qui n’est soulagée que partiellement par la présence de son petit ange.

Il ne fait aucun doute que les longues années d’attente et d’espoir ont laissé de profondes cicatrices dans la psyché de Sancar Efe.  Mais il semblerait qu’un Destin capricieux n’en ait pas fini de jouer avec Sancar, car l’apparition soudaine du Mavi coïncide avec le récent départ de Nare. Nous savons pertinemment que, pendant la majeure partie de sa vie, à l’exception de sa fille, il n’y avait de place que pour une seule femme dans le cœur de Sancar—aussi expansif soit-il. A ce stade, les mots de la lettre de Sancar à Nare, écrits alors qu’il est toujours en train de guérir de sa chute, nous viennent à l’esprit lorsque nous le voyons « embrasé » sous la pluie. Nous savons maintenant que la flamme qui brûle en son cœur ne peut être ordinaire et par conséquent ne peut être éteinte par l’eau.    Dans l’impossibilité de distinguer les larmes des gouttes de pluie qui glissent le long de son visage, nous ne pouvons que partager la souffrance d’Akyürek alors qu’il nous ébahit une fois de plus avec sa capacité à faire transparaître la solitude, le désespoir, et la douleur de l’abandon par un silence déchirant.

Pendant ce temps, la solitude et les craintes de Melek augmentent progressivement, car elle voit maintenant son père à intervalles irréguliers. Dans la situation de Melek, la peur de perdre le parent restant devient presque une phobie, d’autant plus que nous nous sommes souvent demandé pourquoi une enfant aimable et extravertie comme Melek n’avait pas d’amis de son âge. La réponse réside en partie dans le fait qu’elle ne va pas à l’école car Covid-19 a obligé les écoles à organiser des cours en ligne.  Mais malgré cela, il semble qu’il n’y ait aucun désir sincère de la part de quiconque de s’assurer qu’elle bénéficie d’une certaine compagnie de son âge en dehors des adultes dont elle est entourée. Le fait qu’elle ne se confie qu’à son père et à Gece ressemble étrangement à l’enfance de Nare lorsque celle-ci devait déménager dès qu’elle commençait à se faire des amis, si bien que ses seuls amis au monde étaient Sancar et son cheval noir puisqu’ils représentaient la seule permanence dans sa vie nomade. Par conséquent, à bien des égards, une Melek orpheline de mère a une vie aussi « amère » qu’elle le décrit elle-même, comme l’avait peut-être fait sa propre mère. Bien sûr, la grande différence réside dans la manière dont Sancar traite sa fille et la chérit comme un joyau précieux, par opposition à la triste histoire de Nare et de son père, l’ambassadeur.  A propos de Çelebi, son revirement d’attitude en douceur ainsi que la précocité croissante de Dudu, bien qu’exagérée, semblent ouvrir la voie à d’autres changements dans la dynamique du scénario. Alors que la bêtise de Yahya est devenue à présent une source d’irritation autant que de crédibilité—après tout, dans une société bien-pensante comme Muğla, avoir un enfant hors mariage et rendre la nouvelle publique alors même que le divorce entre Yahya et Elvan n’est vieux que d’une journée, c’est ignorer l’importance que Halise a toujours accordée à l’opinion publique. Nos soupçons sur Çelebi sont bien fondés, car sa cupidité semble insatiable vu qu’il continue à poursuivre les parts de Gediz dans la marina, à notre grand déplaisir.  

En débutant, l’épisode 39 ouvre la voie à un nouveau départ : le jour se lève sur un chœur d’oiseaux qui chantent pour saluer l’aube, un faible soleil dans le ciel fait roucouler les colombes vers leurs compagnons tandis que les oranges mûrissent sur les branches dans une chaleur nouvelle et que les branches d’olivier gris argenté, lourdes de fruits, se balancent dans une douce brise matinale. Après de nombreuses journées et nuits d’agitation, l’intérieur chaud et paisible de la cabane permet enfin aux enfants des bois de dormir, voire même de rêver. La main de Sancar à moitié endormie qui glisse pour frôler légèrement celle de Mavi libère un courant électrique subconscient qui le réveille instantanément. Fixant la charmante femme qui se trouve à côté de lui, Sancar est stupéfait à l’idée de s’être endormi auprès d’une femme mariée, même si la nuit a été passée innocemment. Alors que sa simple question « que s’est-il passé ? » ne mène à rien et que Mavi le remet à sa place en lui disant brusquement : « Je n’aime pas les gens qui posent des questions », Sancar, profondément bouleversé et gêné, quitte la cabane aussi vite qu’il le peut en lui laissant une foule d’instructions et son numéro de téléphone.

Plutôt que de se réveiller rafraîchi après la première nuit où il a effectivement dormi depuis le départ de Nare, et où il a peut-être même fait un rêve ou deux, Sancar est furieux contre lui-même pour avoir « dérapé » en se retrouvant si proche de la femme d’un autre, tout autant qu’il reste de plus en plus perplexe face à la belle femme qu’il a secourue et à laquelle il a offert son hospitalité. Nous savons que Sancar est un homme extraordinairement droit qui considère la sainteté du mariage comme un devoir sacré. Son comportement lorsqu’il était marié à Menekse était exemplaire, mais à l’heure actuelle, le douloureux vide dans le cœur de Sancar a besoin d’être soulagé des journées et des nuits tortueuses qu’il passe, plongé dans un tourbillon sans fin de questions auxquelles il ne trouve pas de réponses plausibles. L’arrivée de Mavi lui permet donc de se distraire de ses journées et de ses nuits frénétiques, tandis qu’inconsciemment, en « sauvant » Mavi, il semble sauver Nare comme il aurait dû le faire dans le passé. Il faut comprendre que Sancar s’est toujours méfié et ne s’est jamais confié à personne sur son état d’esprit, exactement comme l’a précisé Halise de son fils aîné lorsqu’il est venu la voir à l’hôpital. Bien que la vue du visage de Melek soit un baume toujours apaisant, elle reste une enfant pour laquelle Sancar doit faire un numéro, et la farce de « jouer au bonheur » continue de lui peser. Entre temps, Mavi semble avoir petit à petit envahi les pensées de Sancar sans qu’il s’en rende compte et s’y être installée en attendant son attention, telle une petite feuille verte qui se déroule au premier jour du printemps.

Le fait d’apprendre la situation matrimoniale de Mavi par un Kavruk vigilant et toujours compatissant contribue à soulager quelque peu la « culpabilité » de Sancar concernant sa nuit passée dans la cabane.  Mais l’acte n’a pas échappé à l’œil perçant de Halise Efe dont l’ingérence dans la vie de ses enfants a pris une tournure des plus agressive et effrayante comme en témoigne le cas de Yahya. Il est évident qu’elle est le genre de femme qui n’apprend pas de ses erreurs, car elle semble déterminée à répéter une nouvelle version de la « sortie forcée » qu’elle avait prévue pour Nare. Demandant à Nedim de garder un œil sur Sancar et l’étrangère avec laquelle il a partagé le lit, Halise se tourne vers une Refika désemparée afin de lui demander conseil. Malgré les explications que Nedim lui donne plus tard sur les circonstances de la nuit en question, Halise continue de tirer les ficelles pour essayer de contrôler secrètement la vie de Sancar par ses espionnages et ses manipulations irrespectueuses. Un véritable cas d’amour maternel dominateur, nous verrons bientôt Halise sacrifier l’intégrité, le nom Efe, l’héritage familial et la justice avec ses tentatives imprudentes pour assurer le bonheur de ses enfants.

Inquiète à l’idée que quelqu’un d’autre que son père ou Kavruk puisse entrer dans sa cabane, Sancar rassure Melek avec la perspective de lui présenter sa « première invitée » chez elle. La petite cabane, avec ses portes et ses fenêtres peintes en bleu vif et ses géraniums rouges sur le rebord des fenêtres, ressemble à une demeure de conte de fées que son père aimant et un Kavruk bienveillant lui ont construite. Même si Melek reste intuitivement consciente de l’intérêt que son père porte à cette mystérieuse visiteuse, elle met en scène ce qui ne peut être décrit que comme un transfert de rôles psychologiquement inquiétant avec la petite poupée ailée qu’elle trouve à l’intérieur. Jouant le rôle de Nare avec la fée Clochette, le transfert des rôles de l’enfant à la mère est révélateur du profond sentiment de rejet qu’elle a subi du fait de l’abandon de sa mère. Malgré l’attitude forte et courageuse de Sancar, il devrait être évident pour tous que le père et la fille ont besoin de plus que l’un et l’autre, puisque leur apparence « normale » n’est qu’une couverture au sérieux traumatisme qui les hante et qui nécessite un conseil professionnel afin de les aider à faire face à leur douleur. Sancar, qui joue à la « maman » avec Melek, est le père parfait car il « va chercher » de l’eau dans un seau de poupée, tout en essayant de dissimuler sa déception et son anxiété de constater que son invitée est partie.  Il est absolument terrassé par le ressentiment de Melek à l’idée d’inclure quelqu’un d’autre dans l’équation que sa fille a élaborée pour elle-même. « Tu avais promis », dit-elle à son père, « que toi et moi, nous nous suffirions l’un à l’autre, mais quand nous sommes ensemble, je vois que tu es bouleversée ». Bien que Sancar promette à son ange bien-aimé que son « message » a très bien été reçu, Melek révèle un autre signe inquiétant de jalousie et de ressentiment latent contre l’étrangère qui semble avoir « usurpé » les pensées de son père, lorsqu’elle détruit discrètement la note que Mavi laisse à Sancar pour le remercier de son aide, après que son père l’ait lue.  

Alors que nous voyons les efforts de Mavi pour louer un bateau, afin de l’emmener sur l’île grecque voisine de Kos, contrecarrés avec succès et de façon amusante par un Sancar Efe rusé qui l’attend dans un café au bord de l’eau, le public devient également un partenaire volontaire dans la quête pour élucider le mystère enveloppant Mavi. En commandant un somptueux petit déjeuner composé de borek et d’œufs brouillés, avec les meilleures olives de la ferme de Sancar, une variété de confitures, du miel et bien sûr l’inévitable thé, Sancar affirme qu’il ne connait rien des activités de Mavi, et par conséquent refuse de l’emmener à Kos pour ne pas s’attirer d’ennuis.  « Pourquoi ne restez-vous pas ici plus longtemps ?», lui demande-t-il avec un clin d’œil et le soupçon d’un sourire. Il est peu préparé à sa réponse lorsqu’elle le remercie pour la première nuit de sommeil réparateur qu’elle n’a pas expérimenté depuis bien longtemps.  Sancar avoue la même chose, mais c’est maintenant à son tour d’attiser la curiosité de Mavi en répliquant qu’il « ne veux pas répondre aux questions » tout comme Mavi l’a fait plus tôt, et il saute par-dessus le périmètre du café et part sans rien manger.  

Les instructions de Halise à Nedim de continuer à espionner Sancar et Mavi, nous irritent au plus haut degré surtout lorsque l’on s’aperçoit qu’elle n’hésite pas à négocier avec Kahraman.  On pourrait croire qu’il pleut des bébés sur Muğla, alors que Ceylan donne naissance à un garçon et que Dudu semble être tombée enceinte du fils de Yahya. Halise propose à Boz d’échanger Gediz, son nouveau-né baptisé par Melek, s’il veut bien faire disparaître Mavi en l’amenant à Kos.  En fait, Halise continue à se mêler des affaires de Sancar tout autant qu’elle reconstruit la vie de Yahya, même si, en dissimulant de manière trompeuse la stérilité de son fils, elle détruit les chances de bonheur d’Elvan. Au bout du compte, on ne peut rien faire d’autre que de s’interroger sur un destin capricieux qui pourrait permettre que le fils d’un autre homme puisse passer pour un Efe !! Il y a là une double ironie en ce sens que l’enfant sera appelé Mehmet Efe, d’après le héros de guerre qui est à l’origine de la légende des Efe, ce qui est une terrible injustice envers l’homme lui-même, ainsi que tout ce que Sancar tient pour sacré. Il ne faut surtout pas que la faiblesse de Halise pour créer un bonheur illusoire forcé, résultat des intrigues pour le bienfait de son fils, puisse être ignorée car elle va à l’encontre de la justice et de l’intégrité, deux qualités très importantes pour Sancar.  

Pendant ce temps, Mavi transcrit ses pensées sur une autre page de son carnet tout en plongeant ses pieds dans les eaux bleu ciel qui bordent Bodrum. Alors qu’elle déchire le message et le laisse aller à la dérive comme un message sans bouteille pour le préserver, nous nous souvenons du conseil qu’Isabel a donné à un jeune Nare au centre de réhabilitation de Zurich il y a de nombreuses années. La religieuse qui s’était liée d’amitié avec la jeune fille au cœur brisé et au bébé sur les genoux lui avait conseillé d’écrire ses pensées dans un journal et d’en déchirer les pages dans le but d’un processus thérapeutique. Dans le film Bir Ašk Iki Hayat (Un amour, deux vies), alors qu’elle pleure ses parents décédés, une Deniz triste dépose des bateaux en papier dans l’eau à la dérive afin qu’ils puissent emporter ses tristes pensées, comme le fait actuellement Mavi. Nous avons déjà entendu le bruit ambiant hors champ d’un accident de voiture alors que Mavi regardait une photo de famille dans sa chambre d’hôtel, et nous savons avec certitude que Mavi est une femme tourmentée par les fantômes d’une vie passée tout autant que Sancar.

Un après-midi ensoleillé, Elvan badine avec un étranger affable et amical et découvre un indice important sur l’identité de Mavi. Prouvant une fois de plus que « le monde est petit » et que les coïncidences y prospèrent, le responsable des ressources humaines, devenu propriétaire et barista d’une maison de café, qui prend l’initiative de louer le magasin à Elvan, reconnaît notre Mavi, trempée de café, d’une présentation qui s’est déroulée à Amsterdam deux ans auparavant, pendant qu’Elvan, confondue en excuses, essaie de se faire pardonner. Pressée, Mavi choisit de ne pas reconnaître son ancien partenaire de table.  Tandis qu’Elvan bavarde de l’incident à la maison, alors que la famille s’assoit pour manger, seul Sancar l’écoute attentivement. Soutenant de tout cœur Elvan de se mettre à son compte, Sancar défend la cause de toutes les femmes qui tentent de se construire une vie à partir du débris de relations ratées, ce qui contredit directement l’attaque vitriolique et injuste de Mavi contre Sancar lors de leur rencontre sur la plage.  

La dispute entre les deux se déroule au vu et au su de Halise et ouvre la voie à l’exposition des peines respectives de Sancar et Mavi vers la fin de l’épisode. Alors que Sancar met en garde Mavi avec bonne humeur contre la visite des chantiers navals en solitaire, elle le choque par sa réaction irritée. L’histoire de Sancar et de Nare lui est racontée à partir des divagations du père de Boz qui souffre d’Alzheimer. L’impression de Mavi sur l’homme gentil, attentif et courtois qu’elle croit reconnaître en Sancar subit une transformation radicale instantanée. Choquée au plus haut degré à l’idée que l’homme qui l’a traitée avec le plus grand respect, à la limite d’une courtoisie démodée, ait pu être capable d’une telle « brutalité », elle lui demande : « Sais-tu combien de femmes meurent à cause d’hommes comme toi ? » En s’approchant d’elle au bord de l’eau, un Sancar stupéfait reste comme figé face à l’attaque et l’accuse à son tour de faire du mal aux personnes qu’elle semble fuir et laisser derrière elle. Refusant de l’écouter, même s’il le lui demande, Mavi lui crache alors son venin de manière telle qu’il est frappé de plein fouet alors qu’elle le plante là, silhouetté contre le bleu de l’eau qui s’assombrit. Les preuves par ouï-dire sur les bonnes ou mauvaises actions des gens ne sont pas recevables devant un tribunal pour la bonne raison qu’elles ne comptent que comme des opinions formulées unilatéralement et basées sur un manque de preuves vérifiables. La condamnation de Sancar par Mavi est un cas classique de réponse féministe impulsive aux rapports sur le comportement agressif des hommes basés sur le ouï-dire.

La colère de Sancar contre Mavi, contre la vie et contre lui-même est traduite par la férocité avec laquelle il fend le bois pour le poêle de la cabane de Melek. Les bûches fendues sont comme les piques de commérage du passé qui continuent à le blesser et Sancar s’attaque à elles comme on le ferait d’un ennemi. Combien de temps un homme doit-il payer pour une erreur qu’il a commise il y a tant années ? Combien de temps doit-il être attaché à une roue de feu qui ne cesse de tourner en rond ? Combien de temps doit-on prétendre à un enfant, à une mère, à une famille que tout va bien ? On ne peut pas ressentir de la pitié pour un homme fier comme Sancar mais par contre, nous pouvons avoir de la compassion et comprendre la source de sa grande colère. Même dans l’état où il se trouve, Sancar répond à l’appel à l’aide d’Elvan à l’hôpital où Kahraman semble impossible à contrôler. Ce n’est que lorsqu’il rencontre la carrure robuste du nouveau père que Sancar réalise qui est la source des informations reçues par Mavi à son sujet. Alors que des hommes et des femmes, n’ayant rien d’autre à faire que de passer leur temps à jaser sur son comportement passé, l’indignation de Sangar envers Boz pour refuser de prendre en charge Ceylan et son fils récemment né se termine par une menace potentiellement dangereuse. Nous pouvons voir que l’altercation risque de s’intensifier plus encore du fait que ni Sancar ni Boz n’est prêt à céder d’un pouce dans la dispute enflammée sur la paternité et ses responsabilités qui se déroule dans le couloir de l’hôpital.

La scène charmante de Melek imitant le visage renfrogné de son père n’est qu’une des rares vignettes que nous apprécions dans un épisode rempli de questions sur le Mavi. Alors que celle-ci refuse de prendre l’appel de Sancar et déchire son numéro de téléphone, nous voyons Sancar attendre en vain à l’entrée de la cabane. Bien que ces deux personnages ne se soient rencontrés que récemment, il existe une attraction magnétique qui les attire l’un vers l’autre, mais qui n’est ni une passion ni un coup de foudre. Par contre, leur vulnérabilité visible, le sentiment de tristesse, le goût de l’abandon, le vide dans les yeux, la solitude des cœurs, tous ces éléments semblent avoir été tissés délicatement à l’image d’une toile d’araignée les liant tous les deux.  Dans la vie, les bonnes comme les mauvaises choses arrivent sans prévenir, mais nous devons attendre de voir si la rencontre fortuite de Mavi et Sancar est de bon augure ou si elle promet plus de chagrin pour l’un ou l’autre. 

Détournant la passagère de Boz, Sancar émerge du pont inférieur à la grande surprise d’une Mavi vêtue d’une veste rouge éclatante. Alors que les rayons naissants du soleil illuminent ses yeux, nous apercevons pour la première fois une étincelle de malice mais qui s’assombrit presque aussitôt quand Mavi se retourne pour partir.  Promettant de l’emmener personnellement à Kos si elle l’écoute, Sancar parvient à calmer une Mavi imperturbable, au point qu’il lui propose de l’écouter si elle veut bien l’écoute elle-même. C’est une offre que Mavi a du mal à refuser et ils s’assoient l’un en face de l’autre à une table pour partager leurs problèmes.

Donnez à un bon acteur quelques lignes émotionnelles à réciter et il en fera des merveilles.  Donnez à Engin Akyürek quelques lignes et soyez confiants que vous allez vivre la magie inoubliable qu’il a le don de créer ! C’est comme s’il encapsulait la douleur d’une vie entière et la retranscrivait sur un visage qui peut subitement changer en fonction du jeu de ses confessions.  Avec des yeux qui pleurent aussi facilement qu’ils peuvent brûler des trous, tels des charbons ardents, au plus profond de son âme, Akyürek représente une masculinité toxique et une fierté virile qui peuvent ruiner la vie de tant de personnes au sein des sociétés patriarcales. Jeune, audacieux et sans expérience, Sancar a noyé les pleurs de sa bien-aimée dans un paroxysme de colère et de visible trahison. En créant le même type d’impact émotionnel qu’il avait évoqué dans la scène du mariage de Fatmagülün Sücü Ne ? (Quelle est la faute de Fatmagül ?), Akyürek continue à nous stupéfier par son interprétation de la profondeur du désespoir et de l’impuissance de Sancar. Condamné à une vie plein de regret et de tristesse pour avoir perdu le plus beau cadeau de sa vie, Sancar est un homme qui s’est non seulement trahi lui-même, mais qui s’est aussi cloué sur une croix qu’il doit maintenant porter pour le restant de ses jours.  

Parfois, le soleil brille même quand il pleut. Le visage d’Akyürek transcende les émotions de joie et de tristesse qui vont de pair lorsqu’il sourit tandis que des larmes coulent le long de son visage à la seule mention de sa fille. La femme assise en face de lui le félicite de sa bonne fortune, car il a sa fille à ses côtés.  Puis, sur un ton feutré presque naturel, elle lui dit que sa propre fille est morte. En entendant cela, c’est comme si Akyürek devient rigide comme la pierre alors qu’il regarde la belle femme devant lui se désintégrer sous ses yeux. Là, dans cette petite cabine, Sancar apprend combien il y a encore plus de souffrance dans le monde et combien un autre être humain peut souffrir encore plus que lui et pourtant continuer à vivre. Face à l’atroce agonie de Mavi, les propres aveux de Sancar et ses chances de bonheur perdues deviennent presque insignifiantes, alors que l’épisode se termine sur un gros plan de son visage silencieux horrifié.  

Traduit par Faryal/Roselyne

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English Version 👇

A Wheel of Fire
By Navid Shahzad

Sancar and Narê’s story began in the warmth of a Mugla summer on a sandy beach beside sky blue waters while the next chapter in Sancar’s life begins with a night sky pouring down a cold rain. Much has been made of the mysterious stranger’s name which in Turkish means blue, but when broken up in French i.e. ‘ma vie’ translates as ‘my life’; whereas in Swahili, ‘mavi’ refers to the waste left over from melting silver and gold. As we acquaint ourselves with the person who has ‘dropped out of the sky’ very much like the deluge of rain inundating Mugla; we must exercise some caution in arriving at conclusions too hastily for the beautiful stranger may be all that the diverse names suggest plus much more – but it is obvious that the screenplay is all set to add further to the mystery before it starts to eventually unravel the story of Mavi.

At first glance, Mavi is the exact opposite of the qualities suggested by her name. She is neither tranquil nor calm, alone and obviously in trouble, lacks control over her life and is stressed to a degree that leaves her as sleepless at night as Sancar Efe. Despite Sancar’s best efforts there is not much that he can learn about the woman stubborn enough to set out to sea despite a storm warning; just as much as Kavruk’s disclosure of some forged documents proving her to be a licensed boat captain are cause for further alarm. That Mavi and Sancar develop a certain comfort level after he rescues her from the dinghy she has been stranded in, should not raise eyebrows unduly since this is the way Sancar behaves with everyone under duress. We need look only at the cases of Elvan where he has all but written off his brother for divorcing his wife. If it is argued that Elvan is a member of his family, we need only glance in the direction of Ceylan to see his unfailing generosity. The ‘wife’ of the man he shot because he was responsible for so many of Sancar and Narê’s troubles was promptly offered shelter and a permanent place in Sancar’s household when she came to his door. The simple, good hearted Ceylan had unwittingly played into Kahraman’s scheme for kidnapping Narê, which almost cost Sancar and Narê’s lives and yet, when it came to Sancar’s turn, true to form the Efe willingly set all aside and welcomed a pregnant stranger into his home. It should not come as a surprise therefore, that Sancar should take such an interest in Mavi since she appears hell bent on going to Kos even at the cost of losing her life in a sea storm. What we must ask ourselves – just as Sancar does, is the importance of Kos itself. Perhaps one of the clues lies in the voice message relating to Mavi’s birthday party reservations a year ago! But for the time being, the explanation must be sought simply in Sancar’s habitual generosity towards anyone in genuine trouble. The man who can forgive a former brother-in-law and give employment to, despite his men having mistreated and injured Narê; is hardly likely to pass over helping a woman in trouble. Sancar’s track record aside, it is the appearance of the ‘peri-like’ stranger which even Kavruk cannot help commenting on, that strikes a warning note with the ever interfering manipulative Halise Efe though Sancar himself appears unaffected by how beautiful the stranger is at this point.

Which brings us to some important parallels. The most significant and obvious of which concerns itself with the appearance of both women in Sancar’s life. Narê, with her mane of curly hair and blue/gray eyes remained dressed in clothes reminiscent of an adolescent. With her ‘little girl’ dresses, over sized coats and blouses, blue jeans and shorts plus the inevitable boots, Sancar’s beloved appeared impossibly young to be the mother of an eight year old. Gediz was taken aback when he first met her on the flight to Mugla since the two could easily have been mistaken for sisters. Mavi on the other hand, is an older sophisticated woman with a great sense of style as even the casual wear she dons while sipping her coffee on the water front exhudes a certain chic modishmess. The fact that she appears not to have a second name adds to her mystery, just as much as the distinct sadness of her hazel green flecked eyes – noted in an instant by the vigilant Elvan- reflect the many moods of the sea in the flash of a glance. Secondly, both Narê and Mavi keep diaries- but with distinctively different motives. Narê wrote everything in her diary in order not to forget important details such as Melek’s name or the oath that she had taken never to forgive Sancar; an exercise necessitated by the effects of the head injuries after her fall from the cliff. What Mavi writes are little prose poems – which question her present as much as her past and are destroyed immediately after she pens them down; in direct contrast to Narê who clung to each entry in her annual diaries as she relived her wounds every day. Just as Narê had kept the reason for her return to Mugla a mystery from Sancar, Mavi also keeps enigmatically silent about her sudden appearance in Mugla. Narê re-entered Sancar’s life at a juncture in his life when he had made a monumental decision to wed another woman, just as Mavi enters his life at a juncture when he is in the midst of another monumental decision i.e. to let Narê fly away. We need therefore, to stop and measure what Sancar’s life has been like since that fateful night. If there is one descriptive word that covers his entire existence, it is ‘waiting’. When he was a child he waited for Narê to come each summer, as he grew older- he waited for better times when he could afford a ring, a proposal, a wedding. When he separated from Narê after that violent regrettable night, he waited for her to return for almost nine years. When she did finally come back, he waited for forgiveness- not just from Narê, but from the Almighty and his own conscience for the sin he had committed. That in the end, he has not been able to forgive himself nor reconcile with Narê is the greatest tragedy of his life which is relieved only partially by the presence of his little angel.

That the long years of waiting and hoping have left deep scars on Sancar Efe’s psyche is beyond a shadow of doubt, but it appears that a fickle Fate has not done playing with Sancar, as the sudden appearance of Mavi coincides with Narê’s recent departure. We know for a fact that for the better part of his life, there was room for only one woman in Sancar’s heart – however expansive it may be, apart from his daughter. At this point, the words of Sancar’s letter to Narê written while he is still healing from his fall come to mind as we see him ‘burn’ while standing in the rain. We know by now that the fire in his heart is of an element other than ordinary flames and cannot be doused by water. Unable to distinguish between his tears and the raindrops that streak down his face, we can only suffer with Akyürek as he impresses us yet again with his ability to convey loneliness, despair, and the pain of abandonment in the language of a heart-breaking silence.

Meanwhile Melek’s loneliness and fears grow incrementally as she now sees her father at infrequent intervals. In Melek’s situation, fear of losing the remaining parent becomes almost a phobia especially as we have often wondered why a friendly outgoing child like Melek has no friends her own age. The answer lies partly in the fact that she does not go to school as Covid 19 has forced schools to conduct on-line classes but despite that, there appears to be no genuine desire on anyone’s part to ensure that she enjoys some company of her own age apart from the adults she is surrounded by. That she confides only in her father and Gece is almost an uncanny replay of Narês childhood where she would move away almost as soon as she had made any friends, with the result that her only friends in the world were Sancar and his black horse since they represented the only permanence in her nomadic life. Therefore, in many ways, a motherless Melek has as ‘bitter a life’ as she describes it herself, as perhaps her own mother had had. Of course, the one major difference lies in the manner in which Sancar treats his daughter and treasures her like a precious gem as opposed to the sad history of Narê and her father, the Ambassador.

Speaking of whom, Çelebi’s soft U-turn and Dudu’s increasing precocity though exaggerated appear to be paving the way for more changes in the dynamics of the screenplay; while Yahya’s idiocy has by now become almost a source of irritation as much as credibility – after all, in a conservative society like Mugla, to have a child out of wedlock and have the news made public even as the Yahya/Elvan divorce is only a day old, is to fly in the face of how much importance Halise has always attached to public opinion. Our suspicions about C

Çelebi are well-founded as his greed appears insatiable since he continues to pursue Gediz’s shares in the marina, much to our disgust.

As it opens, Episode 39 paves the way for a new beginning as the day dawns to a chorus of birds chirping to greet daybreak, a faint sun in the sky sets doves cooing to their mates as oranges ripen on branches in a new found warmth and silver gray olive tree branches heavy with fruit, sway in an early morning gentle breeze. After many days and nights of restless pacing, the hut’s warm, peaceful interior finally allows for the babes in the woods to sleep, perchance to dream. A half asleep Sancar’s hand slipping down to lightly brush against Mavi’s releases a subconscious electric current which instantly wakes him up. Staring at the lovely woman who lies beside him, Sancar is taken aback at the prospect of having slept with a married woman, however innocently the night may have been spent. As his simple question of ‘what happened?’leads nowhere and Mavi snubs him with a brusque ‘I do not like people who ask questions’ reprimand, a deeply upset and embarrassed Sancar leaves the hut as swiftly as he can with a barrage of instructions and his telephone number.

Rather than awaken refreshed after the first night since Narê’s departure that he has actually slept and perhaps had a dream or two, Sancar is fiercely angry with himself for having slipped up by being in such close proximity to someone else’s wife, just as much as he remains increasingly perplexed by the beautiful woman he has rescued and offered his hospitality to. We know that Sancar is an extraordinarily upright man who values the sanctity of marriage as a sacred duty. His behavior while married to Menekse was exemplary but at present, the painful vacuum in Sancar’s heart needs some succor from the tortuous days and nights he spends immersed in a never ending swirling eddy of questions to which he cannot find plausible answers. Mavi’s arrival therefore, serves as a welcome distraction from his frenzied days and nights while subconsciously, in ‘saving’ Mavi, he seems to be saving Narê as he should have done in the past. It must be appreciated that Sancar has never let down his guard and confided in anyone about his state of mind just as Halise had pointed out about her first born when he came to see her in hospital. Though the sight of Melek’s face is as soothing a balm as any, she remains a child that Sancar has to put up an act for and the farce of ‘playing at happiness’ continues to exact a toll on Sancar. During this time, Mavi appears to have unknowingly stepped quietly into Sancar’s thoughts and settled there awaiting his attention like a tiny green leaf uncurling itself on the first day of spring.

Learning about Mavi’s marital status from a vigilant and ever sympathetic Kavruk helps ease some of Sancar’s ‘guilt’ at his over night stay at the hut, but the act has not escaped the eagle eye of Halise Efe whose interference in her children’s lives has taken on an even more aggressive and chilling stance as witnessed in Yahya’s case. It is obvious that she is the kind of woman who does not learn from her mistakes as she is appears bent upon repeating yet another version of the ‘forced exit’ she had planned for Narê. Instructing Nedim to keep an eye on both Sancar and the stranger that he has shared a bed with, Halise turns to a distraught Rafike for advice. Despite the elaboration that she receives from Nedim later about the circumstances surrounding the over night stay, Halise continues to pull the strings trying to control Sancar’s life with her spying and disrespectful back door manipulations. A true case of overbearing maternal love, we will shortly see Halise sacrificing integrity, the Efe name, the family legacy and justice in her poorly thought out attempts to ensure her children’s happiness.

Crestfallen at having someone other than her father and Kavruk enter her hut, Sancar cheers up his daughter at the prospect of meeting the ‘first guest’ at Melek’s house. With its doors and windows painted a bright blue, the little hut sporting red pots of cheerful geraniums on the window sills strikes Melek like a fairy tale abode that her doting father and a loving Kavruk have built for her. Even as Melek remains intuitively aware of her father’s interest in the mysterious visitor, she enacts what can only be described as a psychologically disturbing transference of roles with the tiny winged doll she finds inside. Playing Narê to the Tinker Bell-like toy, Melek’s switching of roles from child to mother is indicative of the deep sense of rejection that she has suffered by her mother’s abandonment of her. Despite Sancar’s strong, brave demeanour, it should be obvious to all that both father and daughter need more than just each other, since their ‘normal’ appearances are a cover up for their deep traumas which require professional counselling to help them cope with their pain. Acting out ‘playing house’ with Melek, Sancar is the perfect father as he ‘fetches’ water in a doll’s pail while attempting to conceal his disappointment and anxiety at finding his guest gone; but is absolutely floored by Melek’s resentment about including anyone else in the equation that his daughter has worked out for herself. ‘You promised’, she says to her father, ‘that you and I would be enough for each other, but when we are together, I can see that you are upset.’ Though Sancar promises his beloved angel that her ‘message’ has been received loud and clear, in yet another disturbing sign of latent jealousy and resentment against the stranger who seems to have ‘usurped’ her father’s thoughts, the note Mavi leaves for Sancar thanking him for his help is quietly destroyed by Melek after her father has read it.

As we view Mavi’s efforts to hire a boat to take her to the nearby Greek island of Kos which are successfully and amusingly thwarted by a wily Sancar Efe waiting for her at a water front café; the audience also becomes a willing partner in the quest to unravel the mystery that is Mavi. Ordering a lavish breakfast of borek and scrambled eggs with the finest olives from Sancar’s farm, a variety of jams, honey and of course the inevitable tea, Sancar refuses to take Mavi to Kos pleading ignorance of her activities and therefore not wanting to land himself in any trouble.’ Why don’t you stay here more’, he asks with a twinkle in his eye and the suspicion of a smile. Unprepared for her reply when she thanks him for the first night of restful sleep that she has had in a long time, he confesses to the same malaise but it is now Sancar’s turn to intrigue Mavi with his rejoinder of ‘not wanting to answer questions’ much like she had done earlier, as he vaults over the café’s perimeter and leaves without eating anything.

Halise’s instructions to Nedim to continue spying on Sancar and Mavi, sets our teeth on edge as we also see that she is not above bargaining with Kahraman. It appears to be raining babies in Mugla as Ceylan gives birth to a boy and Dudu appears pregnant with Yahya’s son. Offering to swap Boz’s new born son named Gediz by Melek, in return for spiriting Mavi away to Kos; Halise continues to meddle in Sancar’s affairs just as much as she reconstructs Yahya’s life even at the cost of destroying Elvan’s chances of happiness with her deceitfulness in covering up for her son’s infertility. In the final analysis, we can only sit back and wonder at the vagaries of a whimsical fate that would have another man’s child be passed off as an Efe! There is a double irony there in that the child will be called Mehmet Efe after the war hero who originated the legend of the Efe’s; which is a terrible injustice to the man himself, as well as everything that Sancar holds sacred. Halise’s weakness for the false contrived happiness she manipulates for her son cannot be overlooked as it runs against the very grain of justice and integrity- both qualities that Sancar cherishes.

Meanwhile, Mavi jots her thoughts down on another page of her notebook while dipping her feet in the sky blue waters edging Bodrum. As she tears the note and lets it drift away like a message without a bottle to preserve it, we are reminded of Isabel’s advice to a young Narê at the Zurich rehabilitation center many years ago. The nun who befriended the broken hearted girl with a baby in her lap advised her to write her thoughts down in a diary and tear the pages up as part of a therapeutic process. In the film ‘Bir Ašk Iki Hayat’, while mourning her dead parents, a sorrowful Denize sets paper boats adrift to carry her sad thoughts away just as Mavi does at present. We have already heard the off-camera ambient sound of a car crash while Mavi looked at a family photograph in her hotel room, and know with certainty that Mavi is a woman tormented by the ghosts of a past life just as much as Sancar is.

A sunny afternoon sees Elvan’s hilarious banter with an affable, friendly stranger unearthing a major clue as to Mavi’s identity. Proving yet again that ‘it is such a small world’ and coincidences thrive in it, the HR Executive turned barista owner who initiates the shop lease for Elvan, recognizes the coffee soaked Mavi from a past presentation in Amsterdam two years ago while an abjectly apologetic, distracted Elvan tries to make amends. Hurriedly moving on, Mavi refuses to recognize her erstwhile dinner partner while Elvan gossips about the incident at home as the family sits down to eat with only Sancar listening attentively. Supporting Elvan wholeheartedly in setting out on her own, Sancar champions the cause of all women who attempt to build a life for themselves out of the debris of failed relationships which directly contradicts Mavi’s vitriolic unfair attack on Sancar during their meeting by the beach.

The argument between the two takes place in full view of Halise and paves the way for the climactic exposition of Sancar and Mavi’s respective sorrows towards the end of the episode. As Sancar warns Mavi good humouredly against visiting shipyards alone, she shocks him with her angry response. Learning about Sancar and Narê’s story from the ramblings of Boz’s father who suffers from Alzheimer’s; Marvi’s impression of the kind, attentive, courteous man she knows as Sancar undergoes an instant radical transformation. Shocked beyond imagination that the man who has treated her with the utmost respect bordering on an old fashioned courtesy could have been capable of such ‘brutality’, she asks him: ‘Do you know how many women die because of men like you?’ Approaching her at the waterfront, a stunned Sancar appears almost frozen at the accusation and in turn, accuses her of hurting the person(s) she appears to be running away from and leaving behind. Refusing to listen to him even as he asks her to, Mavi’s spitfire words cut Sancar to the quick as she leaves him standing alone silhouetted against the darkening blue of the water. Hearsay evidence about people’s good or bad actions is not admissible in court for the very reason that it counts only as unilaterally arrived at opinions which are based on a lack of veriable evidence. Mavi’s condemnation of Sancar is a classic text book case of a knee jerk feminist response to reports of male aggressive behavior based on hearsay.

Sancar’s anger with Mavi, with life and with himself is reflected in the ferocity with which he splits wood for the stove at Melek’s hut. The splintering logs are very much like the barbs of gossip about the past that wound him over and over again and Sancar attacks them as one would an enemy. How long must a man pay for a mistake he made many years ago? How long must he be tied to a wheel of fire that never stops going round in circles? How long must anyone pretend to a child, a mother, a family that all is well? Pity is the last sentiment one can feel for a proud man like Sancar but we can empathise and understand what the source of his great anger is. Even in the state that he is in, Sancar answers Elvan’s call for help at the hospital where Kahraman appears to be impossible to control. It is only when he encounters the stocky new father that Sancar realizes who the source of Mavi’s information about him is. As news of his past behavior is bandied about by idle men and women, Sancar’s aggravated response to Boz’s refusal to support Ceylan and his new born son ends with a potentially dangerous threat. We can see that the altercation promises to escalate further as neither Sancar nor Boz are willing to give an inch in the fiery argument about paternity and responsibility that takes place in the hospital corridor.

Melek’s endearing scene about imitating her father’s scowling face is just one of the few vignettes we enjoy in an episode laden with questions about Mavi. As she refuses to take Sancar’s call and tears up his phone number, we see Sancar waiting in vain at the doorway of the hut. Though the two have met only recently, there is a magnetic attraction that draws them to each other which is neither passion nor a case of love at first sight. What it does appear to be is that a visible vulnerability, an air of sadness, a scent of loss, the emptiness of eyes, the loneliness of hearts seems to have that spun a delicate cobweb of attachment between the two. In life, good as well as bad things happen without warning but we must wait to see if Mavi and Sancar’s chance meeting bodes well or promises more heartache for either of the two.

Hijacking Boz’s passenger, Sancar emerges from below deck much to the surprise of a Mavi dressed in a cheerful red jacket. As the early sun’s rays strike his eyes, we see the first sign of a spark of mischief darkening almost immediately as Mavi moves to leave. Promising to take her to Kos himself if she listens to him, Sancar manages to calm down an adamant Mavi to the point where he offers to listen to her, if she listens to him. It is an offer that Mavi finds difficult to refuse and they sit opposite each other at a table to share their problems.

Give a good actor a few emotional lines and he will do wonders with them. Give Engin Akyürek a few lines and sit back and see the unforgettable magic he creates with them! It is as though he encapsulates the pain of a lifetime and transfers it onto a face that changes mercurially with each confession he makes. With eyes that tear up as much as they burn holes like hot coals into his very soul, Akyürek confesses to a toxic masculinity and male pride that ruins the lives of so many in patriarchal societies. Being young, brash and ignorant, Sancar drowned out his beloved’s screams in a paroxysm of anger and perceived betrayal. Creating the same kind of emotional impact he conjured up in the wedding scene in Fatmagülün Sücü Ne? Akyürek stuns with the depths of his despairing, helpless, painful portrayal of Sancar Efe. Condemned to a lifetime of regret and sorrow at having lost the most beautiful gift in his life, Sancar is a man who not only betrayed himself but also nailed himself to a cross that he must carry for the rest of his living days.

Sometimes the sun shines even when it rains. Akyürek’s face is a study in the twin emotions of joy and sorrow as he smiles while tears streak down his face at the mention of his daughter. The woman opposite him congratulates him on his good fortune as he has his daughter beside him and then – in a hushed almost matter of fact tone tells him that her own daughter is dead. Hearing that, it is as though Akyürek turns to stone as he watches the beautiful woman seated opposite him disintegrate before his very eyes. There in that small cabin, Sancar learns how much more pain there is in the world and how much more another human being can suffer and still stay alive. In the face of Mavi’s excruciating agony, Sancar’s own confessions and lost chance at happiness become almost meaningless as the episode ends on a close up of his horrified silent face.

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