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Version Française 👇

L’éducation de Melek
Par Navid Shahzad

On dit que la seule chose permanente dans l’univers est l’impermanence. Nous sommes constamment en train de changer, que ce soit au niveau des nanoparticules ou au niveau cérébral conscient. La survie est directement liée à la capacité de s’adapter aux nouvelles réalités aussi rapidement et efficacement que possible. Il s’avère donc un peu difficile de comprendre le refus d’accepter qu’un homme aussi intelligent que Sancar puisse changer, évoluer, mûrir ou simplement s’adapter à de nouvelles réalités.

Examinons le récit de Sefirin Kizi tel qu’il a été présenté au public pour la première fois. Cette histoire fascinante d’amour d’enfance entre deux personnages diamétralement opposés, attirés l’un par l’autre par une merveilleuse fascination basée sur des différences tangibles aussi bien qu’intangibles comme le statut social, l’éducation, la famille, la tradition, la modernité et autres, est devenue incontrôlable lorsque l’actrice principale a démissionné. Le récit doit donc être considéré comme existant sur deux lignes temporelles : Une décennie ou plus de l’histoire de Sancar et Nare et le présent scénario après Nare. La transformation d’un garçon de onze ans, éduqué localement, en un magnat de la concurrence, férocement intelligent, a nécessité un saut quantique en ce qui concerne le sens des affaires, ce que Sancar a réussi avec brio. L’aspect émotionnel de sa personnalité, par contre, est resté en grande partie inexploité car il a malheureusement été modelé par une mère ambitieuse et manipulatrice. Ses critères exigeants sur ce que « devrait être un homme » sont basés sur une mauvaise compréhension de ce que devrait être un homme moderne, libéral et progressiste, puisqu’elle a elle-même vécu une vie complètement insulaire, presque cloîtrée, à l’écart du monde. Les seules vérités auxquelles elle croit et qu’elle pratique sont celles qu’elle a rencontrées au cours d’une enfance malheureuse et pauvre, qui a culminé par son mariage à un homme modeste et doux, satisfait de l’existence telle qu’elle l’était. C’est une vérité absolue que de penser que lorsque vous éduquez une mère, vous éduquez un village entier. Malheureusement, Halise est restée enfoncée dans ses propres ambitions telles que la vie d’une riche matriarche et une conception déplacée de ce que la vie devait à la famille Efe. Le plus grand handicap de Sancar a donc été la domination que sa mère a exercée sur lui et ses frère et sœur.

Le fait qu’il puisse se souvenir de son passé avec un amusement frôlant un soupçon de gêne, comme il le fait avec Mavi tout en dégustant une tasse de café après les heures d’ouverture de son café, prouve à quel point il a réussi à s’éloigner de l’homme qu’il était autrefois. Si nous ne pouvons pas nous rendre à l’évidence que Sancar lui-même ressente le besoin de changer, alors nous ne lui rendons pas justice.  Personne ne sait mieux que Sancar ce que lui ont coûté sa colère et sa masculinité toxique, nourris par des traditions inébranlables et une mère à la vision restreinte et provinciale.  Ayant perdu toute une vie de bonheur avec son enfant et sa mère lorsqu’il a réagi comme un amant « trahi » plutôt que comme un bien-aimé sur qui l’on peut compter, le Sancar actuel s’engage donc de manière plus mesurée lorsqu’il se rend compte de sa propre faillibilité. Sancar s’était résigné à vivre le restant de ses jours à faire son deuil de Nare et de sa chance de bonheur perdue, comme il l’avoue à Müge, mais voilà que la vie lui offre soudainement une seconde chance à un moment où il est prêt à tout abandonner sauf sa fille.

Quant aux femmes du foyer n’ayant pas remarqué la chute des cheveux de Melek, il est tout à fait crédible pour des adultes percevant une enfant heureuse et bien équilibrée de rater les signes subtils de détresse qui sont soigneusement dissimulés par la fillette elle-même. En leur faveur, il ne fait aucun doute que chacune des quatre femmes vivant dans le manoir se soucie profondément de la petite fille sans mère.  Néanmoins, même le parent le plus vigilant peut parfois manquer d’observer les signes d’anxiété psychologique chez un enfant. Parfois, une évaluation objective plutôt que constamment subjective permet de révéler des problèmes qui se cachent sous notre quotidien tranquille et c’est là que le Mavi entre en jeu. Ayant elle-même vécu une expérience similaire après la mort de sa fille, Mavi se rend rapidement compte de ce qui semble être des symptômes familiers, et l’évidence de la mèche de cheveux cachée dans le cahier à dessins de Melek l’aide à confirmer ses soupçons.

Alors que ces questions sont traitées à l’écran, il est grand temps que le public traite équitablement Sancar sans brouiller les lignes entre le personnage et l’acteur qui l’incarne. Engin Akyürek étant un homme très admiré et aimé, s’étant distingué par des performances qui restent inégalées, on a tendance à réagir aux critiques de Sancar, le protagoniste, comme si elles étaient destinées à l’acteur lui-même, alors que dans une interview, Akyürek a sagement fait remarquer que les femmes tombaient amoureuses des personnages qu’il jouait, plutôt que de lui ! Dans ces colonnes, nous nous intéressons à Sancar Efe, à ses forces et ses faiblesses plutôt qu’à celles d’Akyürek et nous devons respectueusement limiter notre critique à un personnage de la série plutôt qu’à l’acteur. Sancar Efe a passé toute sa vie à rendre les choses plus faciles et plus confortables pour tout le monde, à commencer par ceux avec qui il partage une lignée sanguine, jusqu’aux sœurs « adoptives » Elvan et Gulsiye, aux membres de la famille de Gediz, et même à la petite amie de Boz en période de soucis, ainsi qu’à cette canaille d’ex beau-frère. Il est arrivé un moment dans la vie de Sancar Efe, tout comme pour nous tôt ou tard, où il doit confronter la vérité dévastatrice de son tort monumental et de son injustice. Par l’acceptance de ses erreurs, sa stature va en s’accroissant plutôt qu’en diminuant à chacune de ses erreurs, et ainsi nous sommes plus enclins à le comprendre car nous sommes tous des êtres humains imparfaits.   

Entre en jeu Mavi – une femme de carrière sophistiquée et couronnée de succès, hantée par une tragédie personnelle à laquelle elle tente d’échapper. Nous savons par expérience que le chagrin n’est pas comme un bagage dont on peut se débarrasser facilement. Trop souvent, il s’incruste au plus profond de notre être, écrasant notre âme à tel point que nous avons du mal à respirer, et encore moins à vivre. Dans de telles circonstances, nous cherchons souvent à nous échapper en voyageant vers d’autres destinations, comme si le chagrin allait s’estomper par le voyage, pour découvrir tristement qu’il s’est tracé un chemin en nous et que le changement de lieu est aussi inutile qu’un peigne pour un chauve. En contraste flagrant avec des femmes comme Dudu, qui utilisent leurs qualifications professionnelles à leur avantage et éblouissent des hommes naïfs comme Yahya, Mavi représente le meilleur de tout ce dont une femme moderne éduquée est capable – de ses talents culinaires aux conseils empathiques, de sa tendance à exprimer une chaleur toujours avenante, comme envers Elvan, à sa capacité à se défendre contre le comportement visiblement irrespectueux de Halise avec une dignité admirable, à l’extension d’une présence réconfortante à une petite fille ainsi qu’à l’offre d’amitié à un homme qui a été excessivement gentil avec elle. En fait, Mavi est le genre de femme qui peut servir de modèle aux jeunes femmes en herbe du monde entier, car elle est la femme idéale pour materner un enfant comme Melek ou aider un homme comme Sancar à panser ses blessures en même temps que les siennes.

Pour Çelebi, en revanche, la mesure d’une éducation réussie s’oppose en tout point aux principes que Sancar veut bien croire dans l’éducation et sa pratique.  Se vanter qu’une enfant connaisse trois langues à l’âge de dix ans, ou encore qu’elle ait lu les classiques très tôt dans sa jeunesse, est sans doute un accomplissement admirable, mais au prix de quel effort, comme dans le cas de Nare ! Priver une enfant de l’attention qui lui est due pour ne jubiler que sur ses compétences éducatives et intellectuelles, ou encore ne pas protéger son enfant des avances prédatrices d’un homme dont il convoite la richesse, Çelebi incarne le type même de l’individu qui échoue sur toutes les coutures dans son rôle de parent et en tant qu’être humain.  Sa dernière « préoccupation » pour une petit-enfant dont il n’a jamais été proche n’est qu’un stratagème de plus pour enfoncer le couteau dans le cœur de l’homme qu’il déteste, ce qui témoigne de l’esprit diabolique de l’ancien ambassadeur. Répugnant à accepter son propre rôle dans les problèmes psychologiques écrasants que Nare a développés, Çelebi est un égoïste immoral et méprisable qui ne sert aucun autre maître que les dieux de la richesse et du pouvoir.  

Quant aux sentiments de Sancar pour Mavi, ils sont eux aussi passés d’une curiosité initiale à une protection active. Quelque part entre le sauvetage de Mavi et l’offre de son soutien inconditionnel dans les moments difficiles, Sancar a entendu le cri d’un cœur blessé qui résonnait comme un écho de son propre cœur. Dans son état d’esprit actuel – déprimé, déconcerté, seul et désespéré, Sancar est incapable d’offrir plus que l’amour qu’il prodigue déjà à sa petite fille, et s’attendre à ce qu’il puisse lire les signes d’un traumatisme grave chez Melek, c’est demander l’impossible. L’argument de Sancar selon lequel ils auraient pu aller de l’avant si Nare était morte – accompagné plusieurs fois de la phrase « que Dieu ne le permette pas » – pèse énormément, étant donné que Melek et lui, avec le temps, auraient appris à accepter les lourdes épreuves de la vie.

Tel un mur de briques s’effondrant sur un passant sans méfiance, c’est l’abandon qui produit l’impact le plus dévastateur sur ceux qui sont restés derrière, et l’alopécie de Melek (En dermatologie, l’alopécie désigne l’accélération de la chute de cheveux) ne fait que renforcer combien l’enfant a été affectée. En essayant désespérément de s’accrocher à son seul parent, Melek commet une terrible erreur – celle de s’enfuir vers l’homme qui justement attend depuis longtemps une telle opportunité.  

L’épisode 42 reprend l’histoire où nous avions laissé Sancar – abandonné, seul, debout face à la plage, regardant Mavi disparaître au loin. Perplexe, affligé, un Sancar déçu s’accroche à un faible linceul d’espoir. Pendant ce temps, Çelebi a rapidement mobilisé les autorités des Services sociaux et de la sécurité de l’enfant dans le but d’obtenir la garde temporaire de Melek. Contrairement à l’enlèvement « légal » par la force de Melek dans l’épisode 3, mais en écho à celui-ci, la présente échauffourée au manoir donne une mauvaise impression de la famille Efe alors que Melek est violemment bousculée sous les yeux des autorités. Plutôt que de risquer de nouveaux problèmes, Melek choisit sagement de partir avec son grand-père après s’être excusée auprès de son « Baba » pour le désordre qu’elle a créé par inadvertance. Le reste de l’épisode décrit en grande partie l’état d’esprit de Sancar, sa douleur – tant physique, lorsqu’il se coupe la main sur du verre brisé, que son état d’esprit émotionnel.

Regarder Sancar à ce moment précis, c’est comme regarder un puissant chêne qui commence à mourir à la racine. Les écureuils s’en vont alors que ses feuilles flétrissent et les nids d’oiseaux se vident alors que les branches se meurent sans la sève de vie qui y coulait autrefois. Lorsque Sancar repose sa tête contre l’épaule de Mavi, ce n’est pas seulement la lassitude qui le fait s’appuyer sur elle. La vie n’a jamais été une maîtresse bienveillante pour l’Efe car une nuit d’extase chargée de colère a marqué sa vie d’une tache permanente et tous les efforts pour être pardonné, se repentir ou repartir à zéro semblent s’être révélés inefficaces. Ce qui rend Sancar, et nous, curieux c’est de savoir pourquoi Mavi embrasse Sancar alors qu’elle prévoit de le quitter ? S’agit-il d’un premier et dernier baiser pour se souvenir de lui ? Ou est-ce une sorte d’excuse pour lui avoir fait du mal ? Ou, mieux encore, est-ce parce qu’elle ne peut pas résister à l’appel de son propre cœur ? Ce sont ces intersections là que les téléspectateurs souhaitent explorer.  

Et pourtant, tout n’est pas perdu. En effet, alors que Sancar semble s’effilocher, Mavi révèle son passé aux téléspectateurs avec des parallèles étranges entre la vie de Sancar et la sienne. Si Çelebi est un homme fourbe, addicte au jeu, et un menteur invétéré, le mari de Mavi est un alcoolique, un homme abusif et au charme trompeur. Jaloux du succès, de la beauté, de l’intelligence et de la popularité de sa femme, il se pose en tant que mari aimant qui trompe tout le monde, sauf sa femme qui souffre depuis longtemps. Une bataille acharnée pour la garde de leur fille se termine par l’accident mortel qui tue le seul enfant de Mavi. Elle parle donc par expérience, lorsqu’elle prévient Sancar en lui disant : « Faites attention à ce que vous souhaitez ». La vie a répondu à la prière de Mavi, mais avec une différence ironique à briser le cœur, car une enfant innocente a perdu la vie.

Empêcher Sancar de prendre d’assaut l’ancienne maison des Isikli pour récupérer sa fille, c’est comme empêcher un taureau label enragé de se déchaîner, et ce n’est que grâce au raisonnement rapide de Kavruk, renforcé par les arguments vigoureux de Mavi, qu’on arrive à le restreindre. Avec une narration au bord du gouffre, ce qui aurait pu être un retournement de situation affectant positivement l’audience a malheureusement été affaibli par des scènes longues et sans imagination entre Elvan et Bora, Dudu et Ahmet et une séquence maladroitement placée entre Zehra et Kavruk alors qu’ils surveillent Melek à la résidence des Isikli. Nous soutenons de tout cœur les efforts du scénario pour aider Elvan à se libérer de sa dépendance envers la famille qui a joué un rôle si important dans sa vie, tout comme nous désapprouvons les efforts de Halise pour rejeter la responsabilité des problèmes de Melek sur Elvan et Zehra, mais nous ne voulons pas être mis de côté au détriment de l’histoire principale. Une augmentation notable du temps d’écran consacré à la progression des sous-intrigues brise l’élan de l’élaboration minutieuse entre les personnages principaux, comme la blessure de la main de Sancar et l’effondrement de Mavi. Rappelant la main blessée de Nare qui avait été pansée par Sancar, le passage de Mavi quand elle dit : « ça ne fait pas mal » reste aussi poignant et pertinent aujourd’hui qu’il l’était alors, car ce n’est pas la main de Sancar lacérée par le verre brisé qui fait mal mais les blessures profondes infligées à son cœur par un destin cruel et il a tout à fait le droit de blâmer le monde.

Quoi qu’il en soit, les flashbacks de l’épisode 42 concernant la vie passée de Mavi ralentissent la progression de l’intrigue. Également, nous ne comprenons pas le manque de professionnalisme de Müge, qui n’est absolument pas nécessaire à ce stade, de même que l’intrigue un peu tiré par les cheveux de Halise pour maîtriser Ahmet. Les efforts déployés pour rendre son fils stérile heureux tendent à pousser l’imagination un peu trop loin, alors que les problèmes de Dudu commencent à nous ennuyer autant que la grossesse au « coussin » de Menekşe et que l’on s’attend à un rythme plus rapide plutôt que de voir Elvan et Bora errer au bord d’un lac et manger en plein air. Si l’idée est de montrer que seuls les « étrangers », en l’occurrence Mavi et Bora, peuvent apporter une bouffée d’air fraîche du monde moderne afin d’améliorer la vie d’une communauté locale, le public est suffisamment intelligent pour identifier le bagage dont ces nouveaux venus sont chargés. Nous devons donc accepter que la vie à Muğla reste aussi dure ou aussi facile qu’ailleurs et que tout dépend de la manière dont on affronte ses défis. Ce qui est très clair cependant, c’est la réticence de la communauté locale à accepter le changement, ce qui nous amène au cœur du problème.

En très grande partie, la famille Efe a été prise en otage par la pensée étroite et égoïste d’une matriarche autocratique, impérieuse et du style je-sais-tout, qui est assez stupide pour dissimuler une paternité frauduleuse, même si elle doit recourir à une contrainte physique de type mafieux dans le cas d’Ahmet. Il est clair que ce ne sont pas les enfants mais les grands-parents qui doivent être « rééduqués ». Les grands-parents des deux côtés, c’est-à-dire Çelebi et Halise, doivent apprendre que leur ingérence continue dans la vie de leurs enfants et petits-enfants n’est pas un droit dont ils peuvent jouir en toute impunité puisque Melek a un père plus que capable de s’occuper de son enfant, et qu’il n’est ni sage ni prudent de manipuler des vies car, à long terme, les pertes dépassent de loin les gains.  

La gouvernante française engagée pour « discipliner » Melek, par exemple, peut lui apprendre à jouer du violon, la rendre compétente en français, lui tresser les cheveux (ce qui est la dernière chose dont elle a besoin vu son état) et l’habiller de dentelles françaises coûteuses, mais elle ne peut pas remplacer l’amour chaleureux dont Sancar comble son enfant. En essayant de « créer » une enfant qui corresponde au statut social d’un ancien ambassadeur et d’un multimillionnaire actuel, Çelebi nous donne un aperçu terrifiant de ce qu’a été l’enfance de Nare. Ces choses n’ont pas changé et l’on peut voir que Çelebi reste le même parent tyrannique quand l’enfant, sans amour, est forcé de verser son cœur dans des poupées sans vie alors qu’elle est couchée dans son lit. Terrifiée par les bruits et les formes dans la nuit, sans père aimant pour la tenir contre sa large poitrine, Melek est prête à revivre la vie de sa propre mère. Ce qui avait attiré Nare chez Sancar, durant son enfance, c’était l’indiscipline sauvage, la chaleur et la joie spontanée avec laquelle il embrassait la vie malgré ses difficultés. Sancar était un esprit libre tout autant que Nare était prisonnière d’un homme égoïste, égocentrique et arrogant qui avait effectivement volé son enfance à sa fille. Le regard furtif de Mavi sur la vie de Melek avec Çelebi inonde son propre cœur de souvenirs similaires concernant sa propre fille mais, avec sagesse, elle s’abstient de partager sa découverte avec Sancar.  

Cependant, rien ne nous a préparés sur le plan bizarre que Mavi adopte pour libérer Melek des griffes de son grand-père. Le personnage de film qu’elle incarne pour entrer dans la demeure de Çelebi ne prouve que deux choses : premièrement, Tuba Büyüküstün, qui approche de la quarantaine, a le corps enviable d’une femme qui a la moitié de son âge et, deuxièmement, nous devons remettre Sancar sur les rails en tant qu’Efe plutôt que de ressembler à un écolier qui regarde au travers des fenêtres de cafés vides à la recherche de sa petite amie.

Traduit par Faryal, Roselyne

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English Version 👇

Educating Melek
By Navid Shahzad

They say the only permanent thing in the universe is impermanence. Every second that we exist we are changing- whether it is at a nano particle level or conscious cerebral level. Survival is directly correlated to being able to adjust to new realities as quickly and as efficiently as possible. It is a little difficult therefore, to understand the refusal to accept that a man as intelligent as Sancar can change, evolve, mature or simply adjust to new realities.

Let us examine the Sefirin Kizi narrative as it was first presented to audiences. A riveting story of childhood love between two diametrically opposed characters drawn to each other by a wondrous fascination based on tangible as well as intangible differences like social status, education, family, tradition, modernity et al spiraled out of control as the lead female actor quit. The narrative therefore, must be seen as existing in two time lines: A decade or more of the Sancar/Narê story and the present post Narê scenario. Transforming from an eleven year old locally educated boy to a fiercely intelligent competitive successful tycoon required a quantum leap as far as business acumen was concerned and Sancar managed the leap with flying colors. What remained undeveloped to a large extent was the emotional aspect of his personality which was unfortunately molded by an ambitious, over reaching mother. Her exacting standards of what ‘a man should be’ are based on a poor understanding of what a modern, liberal, progressive male should be like, since she herself has lived a completely insular almost cloistered life shut away from the world. The only truths she believes in and practices are the ones she has encountered during a bitter poverty stricken girlhood which culminated in marriage to a mild mannered, modest man happy with life as it was. It is an absolute truth that when you educate a mother, you educate an entire village. Unfortunately, Halise remained mired in her own ambitions such as the life of a wealthy matriarch and a misplaced concept of what life owed the Efe family. Sancar’s greatest handicap therefore, has been the dominance that his mother has exerted over him and his siblings.

That he can actually recall his past with amusement bordering on a hint of embarrassment as he does with Mavi while enjoying a cup of coffee after closing hours at her café, is proof of how far he has managed to distance himself from the man he once was. If we cannot understand that Sancar himself feels the need to change then we do him a great disservice. No one knows better than Sancar what his anger and toxic masculinity nurtured by iron clad traditions and a mother with a myopic, provincial outlook has cost him. Losing out on a lifetime of happiness with his child and her mother when he reacted as a ‘betrayed’ lover rather than a supportive beloved; the present Sancar therefore, treads softly as he comes to terms with his own fallibility. Sancar had been prepared to live out the rest of his life mourning Narê and his lost chance at happiness as he confesses to Müge, but for the fact that life provides him with an unexpected second chance at a time when he is prepared to give up on everything except his daughter.

As for the women of the household not having noticed Melek’s hair fall out, it is entirely credible for adults who perceive a child as being happily well-adjusted to overlook subtle signs of distress which are carefully concealed by the child herself. To give credit where it is due, there is absolutely no doubt that each of the four women living in the mansion care deeply for the motherless little girl; yet, even the most vigilant parent can occasionally overlook signs of psychological anxiety in a child. Sometimes an objective rather than a constantly subjective assessment helps reveal problems lurking beneath our quiet everyday lives and that is where Mavi steps in. Having undergone a similar experience herself after her daughter’s death, Mavi quickly picks up on what appear to be familiar symptoms and the tell-tale wisp of hair hidden in Melek’ s drawing copy help clinch her suspicions.

While these issues are being dealt with on screen, it is high time the audience dealt fairly with Sancar without blurring the lines between the character and the actor who plays him. Since Engin Akyürek is a much admired, well- loved man who has distinguished himself with performances that remain unrivalled; there is a tendency to react to criticism of Sancar being perceived as a critique of Akyürek himself; whereas in an interview Akyürek himself, wisely pointed out that women fell in love with the characters he plays, rather than him! In these columns, we are concerned with Sancar Efe, his strengths and failings rather than Akyürek’s and must respectfully limit our critique to a character in a series rather than the actor. Sancar Efe has spent his entire life making things easier and more comfortable for everyone, ranging from those he shares a bloodline with, to ‘adopted’ sisters Elvan and Gulsiye, Gediz’s family members, and even Boz’s girlfriend in troubled times as well as his rascally former brother-in-law. There came a time in Sancar Efe’s life, like all of us at some time or the other, when he faces the devastating truth that he has been monumentally wrong and unjust. That he learns from his mistakes is what allows his stature to grow rather than diminish with each mistake he makes, which makes him easier to empathize with as we are all fallible human beings.

Enter Mavi – a sophisticated, successful career woman haunted by a personal tragedy from which she attempts to escape. We know from our own experiences that sorrow is unlike baggage that we can discard at will. All too often, it embeds itself in the depths of our being, weighing our souls down to a degree where we find it difficult to breathe, let alone live. Given such circumstances, we often seek to escape by travelling to other places as though sorrow will lose its way while we travel, only to discover sadly that it has ferreted its way into our very being and that change of place is as useless as a comb to a bald man. A complete contrast to women like Dudu who have used their professional qualifications to advantage and dazzled a simple man like Yahya, Mavi represents the best of what a modern educated woman is capable of – from culinary excellence to empathic advice, from exhibiting a characteristic ready warmth such as towards Elvan, to being able to hold her own against Halise’s overtly offensive behavior with a laudable dignity, to extending a comforting presence to a little girl as well as offering friendship to a man who has been extraordinarily kind to her. In fact, Mavi is the kind of woman who can serve as a role model for aspiring young women everywhere as she is the ideal woman to mother a child like Melek or help a man like Sancar to heal his wounds along with her own.

For Çelebi on the other hand, the measure of a successful upbringing is the exact opposite of what Sancar believes in and practices. To boast about a child knowing three languages by age ten, having read the classics while still a child may undoubtedly be laudable accomplishments but they are achieved at such an enormous cost as in Narê’s case! To starve a child of attention and only gloat at her educational and intellectual skills, to failing to protect his child from the predatory advances of a man whose wealth he covets, Çelebi is a complete failure as a parent and human being. His latest ‘concern’ for a grandchild he has never been close to, is just another ploy to twist the knife into the heart of the man he hates which is evidence of what a fiendish mind the former Ambassador has. Loath to accept his own part in the crushing psychological problems that Narê developed, he is a contemptible immoral selfish man who serves no master except the gods of wealth and power.

As to Sancar’s feelings for Mavi- these too have grown from an initial curiosity to active protection. Somewhere along the way between rescuing Mavi and offering his unconditional support during trying times, Sancar heard the cry of a wounded heart which sounded like an echo of his own. In his present frame of mind – desperate, depressed, bewildered, lonely and despairing- Sancar is incapable of offering more than the love he already showers on his little girl and to expect him to read the signs of severe trauma in Melek is to ask for the impossible. Sancar’s argument that there would have been a closure if Narê had died- accompanied by several repetitions of ‘God Forbid’, carries more than a little weight, since both he and Melek would, over time have learned to accept life’s bitter dealings. Like a brick wall collapsing on an unsuspecting passerby, it is the abandonment that carries such a devastating impact on those left behind and Melek’s alopecia is a sign of how deeply the child has been affected. In trying desperately to hang on to her only parent, Melek makes a terrible mistake- as she runs away to the very man who has been waiting for just such an opportunity.

Episode 42 takes up the story where we had left Sancar- empty handed, alone, standing on the beach watching Mavi as she disappears from sight. Nonplussed, aggrieved, a disappointed Sancar clings to a faint rag of hope. Meanwhile Çelebi has moved swiftly mobilizing Social Services and Child Security authorities to gain temporary custody of Melek. In sharp contrast to but echoing the forcible ‘legal’ kidnapping of Melek in Episde 3, the present melee at the mansion reflects poorly on the Efe family as Melek gets violently pushed around in full view of the authorities. Rather than risk further problems, Melek chooses wisely to go with her grandfather after apologizing to her Baba for the mess she has inadvertently created. The rest of the episode concerns itself largely with Sancar’s state of mind, his pain – both physical as he cuts his hand on broken glass as well as his emotional state of mind.

Watching Sancar at this point in time is like looking at a mighty oak starting to die at the roots. Squirrels leave as its leaves shrivel and bird nests empty as the branches become lifeless without the life giving sap that once flowed in them. When Sancar rests his head on Mavi’s shoulder, it is not just weariness that makes him lean on her. Life has never been a benign mistress to the Efe for one night of ecstasy fraught with anger stamped his life with a permanent stain and every effort to be forgiven, to repent or to start afresh appears to have proved ineffectual. What makes Sancar – and us – curious is why Mavi kisses Sancar when she plans to leave him? Is it a case of one first and last kiss to remember him by? Or is it a kind of apology for hurting him? Or, better yet, is it because she cannot resist the calling of her own heart? These are the intersections that the viewers want explored.

And yet, all is not lost. For as Sancar appears to unravel, so Mavi reveals her past to the viewers with uncanny parallels between Sancar’s life and her own. If Çelebi is a deceptive man addicted to gambling and a congenital liar; Mavi’s husband is a heavy drinker, abusive and deceptively charming man. Jealous of his wife’s success, beauty, intelligence and popularity, he puts up a doting husband act that fools everyone except his long suffering wife. A bitter custody battle for their daughter ends with the fatal accident that kills Mavi’s only child. She speaks from experience therefore, as she warns Sancar,’ to be careful what you wish for.’ Life did answer Mavi’s prayer but with an ironic heart breaking difference as an innocent child lost her life.

Holding Sancar back from storming the former Isikli home to retrieve his daughter is like trying to hold a maddened prize bull back from going on a rampage and it is only Kavruk’s quick thinking alternative reinforced by Mavi’s forceful arguments that help contain him. With a narrative poised at the edge of an abyss, what could have been a turnaround affecting ratings positively, was unfortunately watered down by unimaginative lengthy scenes between Elvan and Bora, Dudu and Ahmet and an awkwardly positioned scene between Zehra and Kavruk as they keep an eye on Melek at the Isikli residence. While we wholeheartedly endorse the screenplay’s efforts to help Elvan shrug off her dependence on the family that has played such an integral part in her life just as much as we disapprove of Halise’s efforts to palm off responsibility for Melek’s problems onto Elvan and Zehra; but we do not want to be side tracked at the cost of the main storyline. A noticeable increase in screen time given to sub-plots progression breaks the momentum of carefully crafted between the main characters such as the wounding of Sancar’s hand and Mavi’s breakdown. Reminiscent of Narê’s injured hand being bandaged by Sancar, her line: ‘it does not hurt’ is as poignant and relevant today as it was then; for it is not Sancar’s hand lacerated by broken glass that hurts but the deep wounds inflicted upon his heart by a cruel fate and he has every right to rail against world.

As it is, Episode 42 flashbacks pertaining to Mavi’s past life slow down the buid up of the storyline but also inexplicable is the irrelevance of a totally unprofessional Müge at this point and Halise’s far-fetched scheme to rein in Ahmet. The effort to make her sterile son happy tends to stretch the imagination a little too much while Dudu’s problems are becoming as tedious as Menekeşe’s ‘pillow’ pregnancy and one expects a faster pace rather than see Elvan and Bora meandering by a lakeside and eating alfresco. If the idea is to show that only ‘outsiders’ can bring a refreshing whiff of the modern world to improve the lives of a local community as represented by Mavi and Bora- audiences are clever enough to identify the baggage that these newcomers come laden with. We must accept therefore, that life in Muğla is as tough or as easy as elsewhere and all depends on the manner in which one faces its challenges. What is very clear however, is the reluctance to embrace change among the local community which brings us to the core issue.

To a very large extent, the Efe household has been held hostage by the narrow-minded, selfish thinking of an autocratic, imperious know-it-all matriarch who is foolish enough to cover up a deceptive paternity even if means resorting to mafia styled physical coercion in Ahmet’s case. It is crystal clear that it is not the children but the grandparents who need to be ‘re-educated’. The grandparents on both sides i.e. Çelebi and Halise must be taught that their continued interference in their children and grandchildren’s lives is not a right they can enjoy with impunity since Melek has a father more than capable of looking after his child, nor is it wise or prudent in the long run to manipulate lives for in the long run, the losses far outweigh the gains.

The French governess hired to ‘discipline’ Melek for example, can teach her to play the violin, make her proficient in French, and braid her hair tightly (which is the last thing she needs with her condition) and dress her in expensive French laces but she is no substitute for the warm love that Sancar showers his child with. In trying to ‘create’ a child befitting the social status of a former Ambassador and present multi-millionaire, Çelebi presents us with a terrifying glimpse of what Narê’s childhood was like. Those things have not changed and Çelebi remains the same tyrannical parent can be seen as a loveless child is forced to pour her heart out to lifeless dolls while lying in bed. Terrified by night sounds and forms in the dark with no loving father to hold her against his broad chest, Melek is poised to relive her own mother’s life. What had attracted Narê to Sancar as a child were the wild indiscipline, warmth and spontaneous enjoyment with which he embraced life despite its hardships. Sancar was a free spirit just as much as Narê was a prisoner of an egotistic, self-centered, arrogant man who had effectively robbed his daughter of her childhood. Mavi’s sneak peek into Melek’s life with Çelebi floods her own heart with similar memories regarding her own daughter but wisely, she refrains from sharing her discovery from Sancar.

However, nothing has prepared us for the bizarre scheme that Mavi adopts to free Melek from her grandfather’s clutches. The movie character that she impersonates to gain entry to Çelebi’s house proves only two things: one, Tuba Büyüküstün nearing forty has the enviable body of a woman half her age and secondly; that we need Sancar back on track as the Efe rather than resembling a schoolboy peeking into empty cafes looking for his girlfriend.

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