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Les péchés du passé
Par Navid Shahzad

La « Vanda cœrulea », plus connue sous le nom d’orchidée bleue ou de « tresses d’automne », est la seule orchidée dont les fleurs sont véritablement bleues. Intensément parfumées et ayant une durée de vie beaucoup plus longue que les autres orchidées, ses fleurs sont également utilisées dans des solutions pour guérir la cécité. Le choix de la fleur par Mavi pour son mariage avec l’homme qui a littéralement conquis son cœur en un record de temps est un symbole de sa propre guérison.

Le dernier épisode de Sefirin Kizi a fait sensation en présentant l’une des demandes en mariage les plus douces et pourtant des plus extraordinaires ! Assis sur un banc, tard dans la soirée, alors que le soleil mourant transforme en or liquide les eaux qui clapotent doucement sur le rivage, et que Sancar avale rapidement une gorgée de café, suivi d’un instant de silence encore plus bref, deux mots viennent briser le calme : « Épouse-moi », dit-il, prenant Mavi complètement au dépourvu. Aussi spontanée qu’elle puisse paraître, nous pouvons croire que cette décision a été prise après mûre réflexion, car Sancar poursuit en expliquant pourquoi il pense que ce serait une bonne idée. Il s’agit, selon ses propres termes, d’une proposition d’homme non romantique, mais bien pensée, car elle est offerte avec beaucoup d’amour, de respect et une timide tendresse qui commence à se manifester dans le comportement de Sancar, en particulier avec Mavi.   

Avant d’attendre la réponse de Mavi, revenons sur les moments forts de l’épisode 43 pour voir comment Sancar a atteint cette étape importante de sa vie. Après avoir laissé Çelebi et Sancar, tous deux pris de panique, se disputer à propos de la mystérieuse disparition de Melek, Mavi demande à la petite fille qu’elle a enlevée du manoir de Çelebi de lui faire confiance alors qu’elles s’enfuient en voiture. La soirée révèle un certain nombre de surprises, mais ce qui continue à nous surprendre et à nous déconcerter, c’est la présence de Müge dans la maison de Çelebi ! Apparemment, elle a vendu sa maison à l’ex-ambassadeur, mais le fait qu’elle continue d’être une présence constante chez Çelebi et, dans le cas de Sancar, litigieuse, nécessite une explication. Le fait que Çelebi et Müge s’appellent par leur prénom est également une énigme, car cela signifie une quasi-intimité. Nous devrons attendre et voir si Müge va enfin se rendre compte de l’homme horrible qu’est Çelebi, ou si elle continuera à l’avenir, comme le dit si bien le proverbe, à faire l’autruche avec sa tête enfouie dans le sable.

Melek est une enfant qui a toujours aimé l’aventure et la petite escapade de Mavi la remplit d’admiration et de soulagement car elle est enfin sauvée de l’académie martiale qu’est la maison de Çelebi. Le fait que Mavi avoue savoir exactement à quel point le grand-père de Melek peut être mauvais, puisqu’elle reconnaît le genre d’homme qu’il est d’après la description que lui en fait Melek, ajoute immédiatement à leur entente mutuelle. Quant à Melek, elle est prompte à déceler certains indices et suffisamment intelligente pour jouer une petite comédie spontanée pour obtenir une glace en présence du policier au barrage qui leur a fait signe de s’arrêter. L’incident renforce encore plus la relation naissante entre les deux et atteint un niveau de confort tel que Melek elle-même demande à Mavi de lui caresser les cheveux en regardant des dessins animés à la télévision. Tuba a du mérite pour sa performance discrète de Tuba dans le personnage de Mavi, car elle joue le rôle de la mère instinctive pour Melek tout en se noyant dans son propre chagrin. Ce qu’il doit lui en coûter de caresser les doux cheveux d’une enfant, alors même qu’elle lui rappelle sa propre fille lorsque Melek pose sa tête contre elle, blottie dans une couverture bleu pâle, seule Mavi peut le dire. Le fait qu’elle choisisse de rester silencieuse et de ne répondre qu’aux besoins de Melek lui vaut notre respect en tant que femme à la fois compatissante et généreuse, ce qui nous amène à nous demander pourquoi Sancar et sa fille sont-ils si attirés vers cette récente inconnue.

Mais avant d’aller plus loin, jetons un coup d’œil à la narration de la série telle qu’elle se développe. Le terme littéraire allemand « Bildungsroman » décrit la croissance psychologique et morale d’un protagoniste, de son jeune âge à l’âge adulte. Généralement écrits à la première personne, ces romans comportent souvent le nom du protagoniste directement dans le titre, comme Emma, Jane Eyre et David Copperfield. Comme le mot « bildung » signifie « éducation » et que le mot « roman » se traduit par « roman », ces écrits s’intéressent à la formation du caractère à travers un processus d’éducation. On reconnaît l’équivalent cinématographique de ce genre littéraire dans les films de « passage à l’âge adulte » qui se concentrent sur la croissance psychologique et morale d’un protagoniste de la jeunesse à l’âge adulte. Bien qu’il soit davantage destiné à un public adolescent, le genre fait appel à des réactions émotionnelles et à des dialogues plutôt qu’à l’action, et la narration a souvent recours à des flashbacks pour faire passer un message ou compléter des informations manquantes.

Utilisant habilement ces deux techniques, les équipes d’écriture de Sefirin Kizi ont réalisé un scénario admirable qui, dans un premier temps, s’est attaché à un récit de passage à l’âge adulte empli de jeunesse, suivi d’un hiatus de près de dix ans. Dans un deuxième temps, et en visant un public adulte plutôt que juvénile, le scénario s’est éloigné du mécontentement de l’adolescent pour le remplacer par l’histoire chargée émotionnellement de deux personnes qui, malgré tous leurs efforts, ne pourront jamais se réconcilier. L’étape suivante de l’histoire nous a conduit à un départ tragique, suivi d’une pause, puis s’est dirigée vers de nouvelles avenues, le protagoniste masculin étant devenu un père responsable.

Dans ce long parcours de l’enfant à l’homme, c’est Sancar qui semble avoir supporté le plus gros de ce que la vie a pu lui faire subir puisqu’il n’a jamais eu le luxe d’une enfance heureuse. C’est cette privation et le fait d’être conscient que tout ce que sa mère désire doit être réalisé, même au détriment de ses propres aspirations, qui transforment Sancar l’adolescent en l’homme que nous rencontrons pour la première fois. Avec un cœur endurci par le souvenir d’une trahison reconnue, méprisé et snobé par les riches d’avant, mais dont il est à présent l’égal, les blessures de Sancar sont bien plus profondes que ses mains calleuses et la honte de porter des bottes usées qu’il devait partager. En parlant d’enfance, les narrateurs indiquent clairement à chaque instant que le bonheur est fort possible par des plaisirs simples et peu coûteux, tels que ceux de faire exploser des châtaignes grillées sur un poêle domestique, et que la richesse et le statut n’apportent pas nécessairement la joie, comme dans le cas de Nare.

Il n’est donc pas surprenant de constater que l’homme que nous rencontrons dans le dernier épisode de la série est bien loin de l’Efe tel que nous le connaissions. Avec le départ de Nare et l’enterrement de Gediz, une phase importante de la vie de Sancar s’est achevée, comme si une porte s’était refermée à jamais sur les années passées à se languir de son amour perdu. Les deux personnes avec qui il a partagé ces vingt dernières années ayant disparu de sa vie pour toujours, Sancar doit enterrer le passé, même au prix d’un rude effort, et se réorienter pour le bien de son enfant et de sa propre santé mentale. Alors que nous le voyons lutter pour s’adapter à la nouvelle réalité de se retrouver parent unique responsable d’une enfant vulnérable et traumatisée, les téléspectateurs ressentent également le besoin pour Sancar d’être soutenu par quelqu’un en qui il peut faire confiance, quelqu’un à qui il peut se confier sans retenue, quelqu’un sur l’épaule de qui il peut reposer sa tête fatiguée, enfin quelqu’un qui l’apprécie pour l’homme qu’il est et non pour celui qu’il n’a pas réussi à devenir. C’est une réaction naturelle du fait que les personnes qui l’entourent, même si elles l’aiment autant que Kavruk, sont impuissantes à ce stade, car l’abandon est bien plus qu’un simple départ.  Il frappe au plus profond de l’âme de l’individu délaissé. Tout ce que la personne abandonnée a pu croire, que ce soit en tant qu’enfant ou partenaire romantique, soudainement semble dénué de sens et c’est comme si l’image métaphorique du tremblement de terre que Sancar décrit lors du retour de Nare frappe de nouveau, les laissant tous les deux, lui et Melek, ensevelis sous les débris.

Lorsque le cœur souffre autant que celui de Sancar, il ressent l’effet débilitant qui accompagne le chagrin et nous voyons Sancar élever désespérément une barrière autour de son cœur blessé afin que personne ne puisse y pénétrer.  Se distrayant par des activités manuelles telles que la mise en place des étagères d’Elvan, Sancar est abasourdi par la révélation fracassante de l’état de Melek.  À compter de ce moment-là, Sancar n’a plus pour seule mission que de voir la santé de son enfant, tant physique que psychologique, revenir à un niveau optimal. Mais au moment même où il semble parvenir à résoudre le problème avec l’aide non sollicitée de Mavi, le destin lui porte un nouveau coup. La décision de Çelebi de prendre la garde de Melek à la suite de sa visite nocturne chez son grand-père crée l’occasion parfaite pour lui de frapper comme le serpent venimeux qu’il est.  

Pour Sancar, la vie avec Nare a été comme un éternel scénario à faire battre les cœurs, telle la description du rapide de la rivière de vie avec ses coudées d’eaux vives engorgées cachant un rocher traître à fleur de surface, à l’affût pour fracasser le bateau et ses passagers avant de se déverser en cascades ahurissantes plus bas dans un nuage de brume gigantesque causé par des tonnes de gallons d’eau.  A cette jonction, il serait bon de se rappeler que plus on est fort, plus on a de chances de se briser – tout comme le chêne se déracine alors que le brin d’herbe peut résister au vent le plus violent. Sancar a passé tellement de temps à essayer d’être fort que sa rupture n’est qu’une question de temps, puisque son attente de l’amour et l’effort pour être heureux l’ont presque consumé. La vie avec Mavi semble donc être la panacée parfaite pour ses malheurs. Contrairement à la rivière furieuse qu’il combattait jour après jour avec Nare, la présence apaisante de Mavi est ce qui se rapproche le plus d’une baignade dans les eaux d’un lac chauffé par le soleil, bordé par des saules arqués sur sa surface miroir, comme les doigts galbés d’une jeune fille plongeant dans une piscine. Tentée par la tranquillité, une brise parfumée errante fait parfois danser quelques ondulations sur l’étendue bleutée des eaux baignées de soleil, tandis que les échassiers aventureux sentent le chatouillement des petits poissons contre leur pied immergé. Mavi est le baume dont Sancar et Melek ont désespérément besoin, car elle les encourage à s’adoucir plutôt qu’à se durcir face à la douleur de la perte. Par conséquent, l’astuce consiste à accepter plutôt qu’à résister la vie capricieuse qui ne s’arrête jamais, quels que soient nos efforts pour capturer un moment – que ce soit de le figer pour toujours quand on est heureux, ou de le faire vite passer si on est triste. Quand nous sommes jeunes, nous aspirons à vieillir.  Quand nous sommes plus âgés, nous aspirons à la liberté de la jeunesse, fortifiée rétrospectivement par la sagesse que nous avons acquise en commençant à comprendre le sens de la vie elle-même. Les personnages fictifs servent donc plusieurs objectifs, car nous « vivons » par procuration leurs expériences tout en revivant les nôtres. En fonction de la position que nous adoptons vis-à-vis d’un personnage, nous compatissons, nous méprisons, nous rions, ou nous approuvons les erreurs et les épreuves des personnages que nous apprenons à aimer au bout d’un certain temps. L’art dramatique doit donc être considéré comme plus qu’un simple divertissement, puisqu’il s’agit de la création imaginative d’un mini univers dans lequel le spectateur peut jouer impunément le rôle de juge, de jury et de bourreau.

Et c’est ainsi qu’en observant les changements rapides que nous voyons dans le triangle Melek, Sancar et Mavi, il est gratifiant de constater ce qu’un peu d’amour véritable peut apporter, que ce soit dans la vie réelle ou à l’écran. Les délicieux coups d’œil sur Sancar à la station-service lors de l’échange de voitures orchestré par un Kavruk rusé, par exemple, prouvent la versatilité d’Akyürek à jouer le héros « macho » de manière convaincante autant que l’image touchante d’un Sancar spontané, exalté à l’idée de retrouver sa fille. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu les yeux sombres d’Akyürek s’illuminer d’un tel éclat de joie, et son visage se détendre et s’adoucir avec tendresse en regardant la femme qui a accompli un quasi-miracle dans la vie de Sancar. Ce sont les femmes comme Mavi qui apprennent aux hommes comme notre Efe que pour être vraiment fort, il faut apprendre à être doux et que l’amour n’a plus besoin d’être une flamme ardente comme par le passé, mais qu’il peut, avec de la patience, se transformer en quelque chose de plus doux, de plus feutré et de plus tendre, rendant l’être aimé deux fois plus proche, deux fois plus intime.  

Parmi tous les événements de l’épisode 43 (et il y en a beaucoup), la performance de Necdet est à son apogée lorsqu’il entraîne Çelebi sur une fausse piste, tandis que la saga des tromperies de Dudu et Yahya continue à battre son plein, mais pas avant que l’imbécile endurci de Yahya ne se mette à comparer l’intégrité d’Elvan avec les « intrigues » secrètes de Dudu.  Mais, le changement le plus important que nous percevons est peut-être celui de Sancar qui semble se remettre progressivement de son récent traumatisme. Grace à de petites séquences de la vie familiale, nous voyons Mavi et Melek faire la course avec Sancar pour lire une histoire à l’ange à l’heure du coucher, puis s’endormir d’une nuit de sommeil réparateur en se tenant par la main et en se faisant face sur un canapé-lit. C’est dans des scènes comme celles-ci que l’on peut voir que l’équilibre émotionnel de Sancar enregistre un changement positif, ce qui renforce notre conviction que l’Efe est bel et bien rétabli. Sancar, tissant un réseau élaboré de tromperies qui conduit Kerem à révéler aux services sociaux les détails de la dépendance au jeu et du passé méprisable de Çelebi, évite habilement une attaque au couteau, ce qui lui vaut l’admiration répétée de Kavruk pour l’intelligence et le courage de son Efe et qui lui permet d’obtenir la garde de Melek pour le moment.  

Pendant ce temps, Elvan semble traverser une crise d’identité alors qu’elle discerne beaucoup plus dans le petit baiser du bord du lac qu’elle ne le devrait. Toutes les femmes renferment en elles une sorte de fragilité. La solitude et le manque d’appréciation les rendent vulnérables et il n’y a personne de plus ébranlable en ce moment qu’Elvan, pourtant insouciante d’apparence. Une jolie petite scène dans la cuisine du manoir, où une Elvan à moitié ivre et ricaneuse confesse sa « mésaventure » à une Gülsiye ravie, se transforme en un sentiment de culpabilité pour la fille simple et au grand cœur. Elvan apprend presque du jour au lendemain que l’indépendance a un prix et qu’un baiser ne signifie pas nécessairement tout ce qu’elle croit. De son côté, il ne fait aucun doute que Bora trouve Elvan très séduisante et qu’il est attiré par son attitude enthousiaste et pragmatique de la vie, mais nous sentons aussi qu’il a peur de s’engager—après tout, tant de ses relations passées ont échoué—du moins c’est ce qu’il dit, et nous pouvons voir à quel point il est prudent dans le cas d’Elvan. L’intérêt de Yahya pour l’honnêteté et l’intégrité d’Elvan, ses efforts pour se créer une nouvelle vie, et sa force de caractère, qu’il a toujours su apprécier, semble susciter un regain d’intérêt lorsqu’il visite sa boutique avec un chasseur de mauvais œil. Il semble que malgré les efforts (ridicules) d’Halise pour faire entrer au manoir l’héritier de Yahya, il est fort possible que l’équation Yahya/Dudu s’envenime davantage. De même, la récente victoire de Sancar en reprenant Melek ne fait que catalyser la détermination continue de Çelebi à ruiner Sancar avec la présence incompréhensible de Müge à ses côtés.

Il y a un animal politique du nom de Niccolò Machiavelli qui a dit que les tyrans ne se souciaient pas d’être détestés, tant que ceux qui étaient sous leurs ordres ne s’aiment pas.  Il n’existe pas de commentaires plus véridiques pour illustrer les actions de Halise et Çelebi, qui complotent et planifient pour imposer leur propre vision de la vie à ceux qu’ils prétendent aimer, indépendamment de leurs propres inclinations. Pour le moment, cependant, nous nous contentons de jouer les mouches sur le mur pendant que Sancar et Mavi se parlent. Le fait de pouvoir parler raisonnablement sans crier est une expérience nouvelle pour Sancar en particulier, tandis que Mavi apprivoise le lion rugissant en préconisant le calme plutôt que l’agitation et la colère comme condition préalable à la conversation. Alors que la lave brûlante courant dans le sang de Sancar commence à se refroidir, il commence à voir la sagesse inhérente à l’approche conjointe des problèmes. De même que l’eau qui coule en permanence façonne la pierre qui se trouve immergée sous elle, Mavi aide Sancar à sculpter la dure réalité en des contours plus doux, transformant ainsi la cruauté humaine en bonté. Quoi qu’il en soit, les trois semblent déjà former une famille, puisque Melek offre d’être la fille de Mavi pour compenser sa perte, les « deux beautés » de Sancar choisissent des bijoux et du maquillage lors de leur première interaction « entre filles », et Baba cuisine du « sucuk » (saucisse turque) avec des œufs pour ses filles !  

Et ainsi, nous revenons en boucle à la demande en mariage, alors que Sancar a déjà avoué que Mavi était aussi importante pour lui que son souffle, tandis que l’étincelle dans les yeux de sa fille formait une preuve supplémentaire de leur lien. Il y a beaucoup à se rappeler lorsque Sancar commence à détailler les petites choses qu’il aime chez la belle femme qu’il souhaite épouser. Bien qu’il ait été marié deux fois auparavant, Mavi est la première femme qu’il rencontre sur un même pied d’égalité. Avec elle, il n’y a pas de culpabilité à expier, pas de défense à rendre, pas d’excuses à présenter.  En d’autres termes, il peut être lui-même, avec des défauts, imparfait ou lié par la tradition, sans être censuré pour ses croyances. Avec elle, Sancar découvre combien la vie peut être douce, car elle l’impressionne par sa gentillesse sans limite envers son enfant et sa compassion inconditionnelle envers lui-même. Akyürek et Büyüküstün réussissent une courte scène sensible et inspirée qui les fait passer de la surprise initiale de Mavi au fou rire et se termine par une étreinte chaleureuse et des baisers aussi tendres que romantiques. La description par Akyürek, les yeux pleins de larmes et la voix douce, de ce que Mavi est devenue pour lui en si peu de temps, est une leçon de formation vocale pour les jeunes acteurs. Des mots chuchotés aux rires soudains, des songeries fantaisistes sur les différences d’éducation, des regards amoureux silencieux aux doux baisers, Akyürek est un régal à regarder. Tuba le suit pas à pas, de ses étonnants yeux de tigre qui s’allument intensément à la douceur d’un demi-sourire lorsqu’elle dit à Sancar qu’il a un cœur unique, jusqu’à l’effondrement final dans ses bras lorsqu’il l’enveloppe d’une étreinte protectrice.

Bien que nous aimerions laisser les amoureux à leur nouveau bonheur, la sonnette d’alarme a déjà commencé à retentir lorsque Çelebi déniche des rapports de police sur Mavi, jugée pour meurtre à l’âge de dix-neuf ans – comme si le spectre de Nare menaçait de revenir hanter Sancar de nouveau, tandis que le mystère entourant la réticence de Mavi à parler de son ancien mari s’épaissit. Lorsque Kavruk suggère de vérifier les antécédents de l’homme que Sancar croit mort, il rejette la suggestion car il ne souhaite plus être jaloux d’un ex-mari. Alors qu’un nouveau jour se lève et que les eaux clapotent assoiffées sur le rivage, Mavi, dans une robe fourreau blanche et une simple orchidée vanda dans ses cheveux brillants et parfumés, se dirige vers le grand, beau et rayonnant homme qui deviendra son âme sœur pour toujours. La cérémonie est simple, avec pour seuls témoins Kavruk et un avocat, mais le bonheur qui se dégage du couple en extase est plus que suffisant pour compenser tout le reste. Habilement mené dans le secret, le mariage est caché à Melek ainsi qu’au reste de la maisonnée pour éviter toute réaction négative, critique ou commérage. Il s’agit d’un pacte conclu entre deux adultes matures et amoureux qui jurent de se garder aussi près l’un de l’autre que leur propre respiration, tout en promettant de s’aimer et de s’honorer mutuellement et de contribuer à la guérison de l’autre au-delà de leur passé douloureux respectif.   

Alors qu’une jeune mariée en extase prépare un premier dîner romantique pour son bien-aimé, nous pouvons presque entendre le rire cynique de la vie capricieuse face aux tentatives de Sancar et Mavi pour être heureux.  

Traduit par Faryal/Roselyne

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English Version 👇

Sins of the past
By Navid Shahzad

The ‘Vanda coerulea’ popularly known as the blue orchid or ‘autumn lady’s tresses’ is the only orchid with true blue flowers. Intensely fragrant with a much longer life than other orchids, the blooms are also used in solutions to cure blindness. Mavi’s choice of flower for her wedding to the man who has literally conquered her heart in the shortest time possible is a symbol of her own true healing self.

The latest episode of Sefirin Kizi has created quite a stir as it presented one of the sweetest yet most extraordinary proposals for marriage! Sitting on a bench late in the evening, as the dying sun turned the waters softly lapping at the shore to a liquid gold, Sancar’s short sip of coffee followed by an even shorter silence was shattered by two words. ‘Marry me’, he said, taking Mavi completely unawares. Spontaneous as it appears, we can be sure it is a decision taken with a great deal of thought, as Sancar goes on to elaborate why he thinks it would be a good idea. It is, in his own words, an unromantic but straight thinking man’s proposal because it is offered with great love, respect and a shy tenderness that has begun to display itself in Sancar’s behavior especially around Mavi.

Before waiting for Mavi’s reply, let us retrace some of the highlights of Episode 43 to see how Sancar has reached this life changing milestone. Leaving a frantic Çelebi and equally panic stricken Sancar battling it out with each other over Melek’s mysterious disappearance, Mavi asks the little girl she has spirited away from Çelebi’s mansion to trust her as she drives her away. There are a number of surprizes that the evening reveals but what continues to surprise and baffle us is Müge’s presence in Çelebi’s home! Ostensibly she has sold her home to the former Ambassador but the fact that she continues to be a constant and in Sancar’s case, a contentious presence in Çelebi’s home requires some explanation. The fact that both Çelebi and Müge are on a first name basis is also a puzzle since it signifies a near intimacy. We will have to wait and see if Müge will wise up to the horrible man that Çelebi is, or continue to be the proverbial ostrich with its head buried in the sand in future.

Melek is a child who has always loved adventure and Mavi’s little escapade fills her with admiration and relief as she is finally rescued from the martial acdemy that is the Çelebi home. What strikes another immediate note of mutual accord is that Mavi confesses to knowing exactly how bad Melek’s grandfather can be, since she recognizes the kind of man he is from the description Melek gives her. As for Melek, she is quick to pick up on such clues and equally smart enough to act out a spontaneous little charade for ice cream in the presence of the picket police officer who has flagged them down. The incident further cements the budding relationship between the two to reach a comfort level, where Melek herself asks Mavi to stroke her hair while watching cartoons on TV. Tuba’s low key performance as Mavi is laudable as she plays the instinctive mother to Melek while drowning in her own private sorrow. What it must cost her to stroke a child’s soft hair even as she remembers her own child as Melek rests her head against her cuddled in a pale blue blanket, only Mavi can tell. That she chooses to stay silent and answer only Melek’s needs earns Mavi our respect as a woman who is both compassionate and generous; which makes us wonder what it is about this recent stranger that makes both Sancar and his child gravitate towards her.

But before we proceed further, let us take a look at the narrative of the series as it is developing. A German literary term ‘Bildungsroman’ describes a protagonist’s psychological and moral growth from a young age to adulthood. Generally written in the first-person, such novels often feature the name of the protagonist directly in the title, such as Emma, Jane Eyre, and David Copperfield. Since the word ‘bildung’ means education while the word ‘roman’ translates as a novel, such writings concern themselves with the formation of character through a process of education. The cinematic counterpart of this literary genre is known as the ‘coming of age’ film which focuses on the psychological and moral growth of a protagonist from youth to adulthood. Though more oriented towards teenage audiences, the genre employs emotional responses and dialogue rather than action and the narrative often employs flashbacks to drive a point home or fill in missing information.

Cleverly employing both techniques, the writing teams of Sefirin Kizi have executed an admirable screenplay which initially pursued a clearly youthful, coming of age teenage narrative followed by a hiatus of almost ten years. In a second phase and targeting an adult rather than a young audience, the screenplay moved beyond teenage angst towards an emotionally fraught tale of two people who could not reconcile with each other despite their best efforts. The next stage of the story took us to a tragic departure, stopped to take a breather and then veered towards fresh pastures with the male protagonist by now having evolved into a responsible father.

In this long trek from child to manhood, it is Sancar who appears to have borne the brunt of what life has thrown at him since he never had the luxury of a happy childhood. It is this deprivation and the knowledge that everything his mother yearns for must be earned even at the expense of his own desires that Sancar the boy, grows into the kind of man we first met. With a heart hardened by the memory of a perceived betrayal, scorned and snubbed by the once wealthy whose equal he is now, Sancar’s wounds go far deeper than his calloused hands and the embarrassment of worn out shared boots. Talking of childhood however, the writers clearly indicate at every step that happiness is possible in simple inexpensive pleasures such as exploding nuts roasted on a home stove and that wealth and status do not necessarily bring joy as in Narê’s case.

It is not surprising therefore, to find that the man we meet in the latest episode of the series is a far cry from the Efe as we knew him. An important phase has come to a close in Sancar’s life with Narê’s departure and the burial of Gediz, almost as though a door had closed on the years he spent yearning for his lost love. With the two people that he has associated the last twenty years with having disappeared from his life forever, Sancar needs to bury the past even if it must be done forcibly and reorientate himself for the sake of his child and his own sanity. As we see him struggling to adjust himself to the new reality of being a single parent with a vulnerable, traumatized child to look after; viewers also feel the need for Sancar to be supported by someone whom he can trust with his feelings – someone he can unburden himself to – someone whose shoulder he can rest his weary head on – someone who values him for the kind of man he is rather than the man he failed to become. It is a natural response as the people around him – much as they love him, including Kavruk, cannot help him at this stage – for abandonment is more than just leaving; it is a shattering blow to the very soul of the person left behind. Everything that the abandoned has believed in – as a child or loving partner, suddenly seems meaningless as though the metaphoric earthquake that Sancar described at Narê’s return had struck once again; leaving both Melek and him buried under the debris.

When the heart grieves as much as Sancar’s does; it feels the debilitating effect that accompanies sorrow and we find him desperately building a wall around his wounded heart to keep everyone out and away. Distracting himself with manual activities such as organizing Elvan’s storage shelves, Sancar reels under the earth shattering revelation of Melek’s condition. From that moment forth, Sancar is like a man with a mission which is to see his child’s health, both physical and psychological, return to optimum level. But just when he appears to be coming to grips with the problem with Mavi’s unsolicited help; fate strikes a blow yet again. Çelebi’s move to take custody of Melek in the wake of her late night visit to her grandfather creates the perfect opportunity for him to strike like the poisonous snake that he is.

For Sancar, life with Narê had been like a never ending, heart thumping shooting of the rapids scenario when every bend of the swollen rushing river of life concealed a treacherous rock just beneath the surface, waiting to tear the fragile boat and its passengers to tatters before thundering downhill in skyhigh spumes of mist rising from gallons of cascading water. At this juncture, it would do us well to remember that the stronger one is, the more chances there are of breakage – just as the oak uproots itself while the blade of grass can withstand the fiercest wind. Sancar spent such a long time trying to be strong that his breakdown is only a matter of time, since the vigil of love and the effort to be happy has all but consumed him. Life with Mavi therefore, appears to be the perfect panacea for his woes. Unlike the fierce river he battled every day with Narê, Mavi’s calming presence is the closest thing to swimming in the waters of a sun warmed lake edged by willows arching over its mirror – like surface much like a maiden’s shapely fingers dipping into a pool. Tempted by the tranquility, a vagrant scented breeze occasionally sets a few ripples dancing across the blue expanse of sun kissed waters as adventurous waders feel the tickle of tiny fish against an immersed foot. Mavi is the balm Sancar and Melek desperately need for she encourages a softening rather than a hardening of the self to cope with the pain of loss. The trick therefore, lies in accepting rather than resisting capricious life which never stands still no matter how hard we try and capture a moment – to freeze it forever when happy, or move it fast forward if sorrowful. When young, we long to grow older; when older- how we long for the freedom of youth fortified in retrospect by the wisdom we have gained as we begin to understand the meaning of life itself. Fictitious characters therefore, serve several purposes as we vicariously ‘live’ their experiences even as we relive our own. Depending on the position we take up viz a viz any character, we empathize, despise, laugh at or condone the mistakes, trials and errors of the characters we grow to love over a period of time. Drama therefore, must be seen as more than just entertainment since it is the imaginative creation of a mini universe in which the viewer is allowed to play judge, jury and executioner with impunity.

And so it is that in viewing the rapid changes we see in the Melek, Sancar and Mavi triangle; it is gratifying to note how far a little true love can take you, be it real or reel life. The delightful glimpses of Sancar at the petrol station during the switching of cars orchestrated by a wily Kavruk for example, evidence Akyürek’s versatility at playing the ‘macho’ hero convincingly as much as an endearingly spontaneous, elated Sancar at the prospect of being reunited with his daughter. It has been a long time since we have seen Akyürek’s dark eyes flash with so much laughter, his face relax and soften with tenderness as he gazes at the woman who has wrought a near miracle in Sancar’s life. It is women like Mavi who teach men like the Efe that to be truly strong one must learn to be gentle and that love need no longer be a blazing flame as it had been in the past, but can with patience, transform itself into something gentler, muted and tender bringing the beloved twice as close,twice as intimately.

Of all the happenings – and there are many – in Episode 43 such as Necdet is at his dizzying best as he leads Çelebi on a wild goose chase while the Dudu/Yahya saga of deceit continues at full pace but not before the truly imbecilic Yahya begins to contrast Elvan’s trustworthiness with Dudu’s secret ‘operations.’ But, perhaps the most important change we perceive is that Sancar appears to be gradually recovering from his recent trauma. In little vignettes of family life, Mavi and Melek race Sancar to read a bed time story to the angel which is followed by a night of restful sleep holding hands and facing each other on a sofa bed. It is in scenes such as these that we can see Sancar’s emotional well being registering a positive change which reinforces the belief that the Efe is back on track with full force. Weaving an intricate web of deceptions which leads Kerem to reveal the details of Çelebi’s gambling addiction and despicable past to Social Services; Sancar wards off a knife attack deftly, earning Kavruk’s renewed admiration for his Efe’s intelligence and courage, resulting in winning custody of Melek for the present.

Meanwhile, Elvan appears to be going through an identity crisis as she reads far more into the little kiss by the lakeside than is good for her. All women have something breakable inside them. Loneliness and lack of appreciation make them vulnerable and there is no one more fragile at the moment than the seemingly happy – go – lucky Elvan. A lovely little scene in the kitchen at home when a giggly, half drunk Elvan confesses her ‘misadventure’ to a delighted Gülsiye transforms into a guilt trip for the simple, large hearted girl. Elvan learns almost overnight that independence comes at a cost and that a kiss need not necessarily mean all that she thinks it is. On his part, there is no doubt that Bora finds Elvan very attractive and is drawn to her feisty, no nonsense approach to life but we also sense that he is afraid of committing himself – after all, so many of his past relationships have failed – or so he says, and we can see how carefully he treads in Elvan’s case. Yahya’s interest in Elvan’s honesty and integrity, her efforts to create a life for herself and her indomitable spirit that he had always liked appear to be going through a revival as he visits her shop with an evil eye dispeller. It seems that despite Halise’s (ridiculous) efforts to bring home Yahya’s heir, there is the likelihood of further trouble in the Yahya/Dudu equation. Similarly, Sancar’s recent win in taking back Melek only acts as a catalyst for Çelebi’s continuing determination to ruin Sancar with the incomprehensible presence of Müge by his side.

No less a political animal than Machiavelli said, tyrants do not care if they are hated, so long as those under them do not love one another. This could not have been a truer commentary of both Halise and Çelebi’s actions as they plot and plan to enforce their own vision of life on those whom they profess to love regardless of their own inclinations. For the moment however, we are content to play flies on the wall as Sancar and Mavi talk to each other. Being able to talk sensibly without shouting is a novel experience for Sancar in particular, as Mavi tames the roaring lion urging calmness rather than agitation and anger as a prerequisite for conversation. As the heated lava in Sancar’s blood starts to cool down, he begins to see the wisdom inherent in jointly tackling issues. Just as constantly flowing water shapes the stone that lies submerged beneath it, so Mavi helps Sancar sculpt hard reality into softer contours thereby transforming human cruelty into kindness. For all practical purposes the three appear to be a family already as Melek offers to be a daughter to Mavi to compensate for her loss, Sancar’s ‘two beauties ‘ select jewelry and make up in their first ‘girly’ interaction and Baba cooks sucuk with eggs for his girls!

And so we return full circle back to the proposal as Sancar has already confessed that Mavi is as integral as his breath is to him, while the sparkle in his daughter’s eyes is further proof of their bonding. There is much to reflect on as Sancar details the little things he loves about the beautiful woman he wishes to marry. Despite having been married twice before, Mavi is the first woman he meets on an equal footing. With her there is no guilt to be atoned for, no defense to be rendered, no apology to be offered i.e. he can be himself, flawed, imperfect or tradition bound and not be censured for his beliefs. With her, Sancar discovers how sweet life can be as she impresses him with her unbounded kindness towards his child and unconditional compassion towards himself. Akyürek and Büyüküstun pull off a sensitive, inspirational short scene which takes them from Mavi’s initial surprise all the way through laughter and ends in a warm embrace and kisses which are as tender as they are romantic. Akyürek’s teary eyed, softly spoken description of what Mavi has come to mean to him in as short a time as he has known her is a lesson in vocal training for young actors. From whispered words to a sudden laugh, from whimsical musing about differences in educational backgrounds, from silent loving gaze to a soft kiss – Akyürek is a treat to watch. Tuba matches him step for step with her astonishing tiger eyes lighting up fiercely to the softness of a half smile as she tells Sancar what a unique heart he has, to the final crumpling up into his arms as he envelops her in a bear hug.

Much as we would like to leave the lovers to their newly found happiness, alarm bells have already begun to ring with Çelebi ferreting out police reports about Mavi being tried for murder at age nineteen – almost as though the specter of Narê threatens to come back to haunt Sancar again while the mystery surrounding Mavi’s reluctance to discuss her former husband deepens. When Kavruk suggests a background check about the man Sancar believes to be dead; he dismisses the suggestion because he no longer wishes to be jealous of a former husband. As a new day dawns and waters lap thirstily at the shore, Mavi in a white sheath dress with a simple vanda orchid in her gleaming scented hair walks towards the tall, handsome, beaming man who will become her soul mate forever. The ceremony is a simple one with only Kavruk and a lawyer as witnesses; but the happiness exuding from the ecstatic couple is more than enough to compensate for everything else. Cleverly conducted in secrecy, the marriage is kept from Melek as well as the rest of the household to avoid any negative reaction, criticism or gossip. It is a pact made between two loving mature adults who vow to keep each other as close as the breaths they draw, even as they promise to love and honour one another and help heal each other beyond their individual painful pasts.

As an ecstatically happy newly wed bride prepares a romantic first dinner for her beloved, we can almost hear capricious life’s cynical laughter at Sancar and Mavi’s attempts to be happy.

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